If you say anything right now I will believe you

03/08/2011 à 9:47   | Publié dans Uncategorized | 5 Commentaires

Ce qui m’a plu, ce n’est pas de sentir ta queue dans ma bouche. Ce n’est pas de caresser ton torse pourtant trop poilu à mon goût mais qui, sur le moment, m’a émerveillée. Ce n’est pas de sentir tes lèvres sur les miennes, non.
Ce qui m’a plu, c’est tout ce qui s’est passé avant. Ton sourire qui n’était même pas feint quand je suis arrivée et que tu m’as dit bonjour. Tu n’avais pas souri comme ça la première fois, et pour cause. On ne se connaissait pas. Tu as voulu me faire quatre bises, je ne t’en ai fait que deux. Peut-être comme pour te dire que cette fois ce serait différent.
Parce que j’ai réussi à me leurrer un peu. À me dire que, de toute manière, tu ne voulais plus de moi. Je me rappelle de la réflexion d’un ami quand j’avais évoqué que nos retrouvailles seraient peut-être consommées : « mais tu penses qu’il en a encore envie ? » Question idiote. Il me semblait évident que non, tu n’en aurais plus envie. J’avais rangé cette idée dans un coin de ma tête. Pourtant, j’avais sorti un t-shirt qui me faisait des seins énormes et je m’étais épilée à certains endroits que je n’aurais pas touchés s’il s’était agi d’une simple soirée entre amis.
Je me souviens t’avoir vu, avoir découvert tes cheveux plus courts, ta chemise d’homme, et m’être dit que je te voulais. Tellement fort. J’ai même exactement pensé : « et merde, je le veux ». Oui, je te voulais. Passionnément. Ç’aurait pu être dramatique, j’aurais pu me morfondre toute la soirée. Il y a eu quelques silences gênants, c’est vrai. Je n’osais pas te regarder dans les yeux au début, peur peut-être qu’on puisse découvrir quelque chose.
Sciemment, je suis venue m’assoir près de toi, prétextant le côté pratique pour une amie qui était en cuisine et n’aurait pas à faire le tour. Peu après, ta femme est revenue, elle t’a demandé de te décaler et cela ne t’a pas plu. Oserais-je le dire ? Oui, j’ai cru que la proximité avec moi te plaisait. Peut-être était-ce simplement le moyen pour toi de faire comprendre quelque chose dont je n’avais aucune foutre idée à celle qui partage ta vie, je n’en sais rien. Mais j’ai voulu croire que c’était pour moi.
Tu t’es donc retrouvé en face de moi, pas à côté. Et je crois que c’est moi qui ai commencé. J’en suis même quasiment sûre. J’ai tout fait pour que nos pieds se touchent, sans en avoir l’air. Et le petit jeu a recommencé. Le même qu’il y a quelques mois. Parfois je croisais ton regard, ce regard dur du type qui désire, qui ne rigole pas, qui ne s’amuse pas. Je te veux, voilà ce que je comprenais en voyant tes yeux fixés sur moi (oh juste quelques secondes, que personne ne s’en aperçoive), en sentant ton pied contre le mien.
Il y a eu le jeu, encore. Ton pied entre mes cuisses. Mes cuisses que j’écartais alors pour que tu puisses aller plus loin. L’excitation que je sentais poindre. Et ma main sur ton genou, mes caresses sous la table. Même celui qui savait tout à la même table n’a rien vu. Nous sommes deux beaux menteurs.
Évidemment, quand tu as demandé qui venait avec toi à la cave, j’ai compris. Peut-être n’était-ce pas pour moi. Mais c’est ce que j’ai compris. Je suis descendue avec toi, je tenais à peine debout parce que le plafond était bas. Tu étais face à moi, tu souriais, je ne savais pas quoi dire. « Ca va ? », t’ai-je demandé. Ridicule. Tu m’as répondu oui, et toi ? Moi aussi ça allait. Tu voulais m’embrasser je crois, mais je me suis retournée, alors tu as mis tes bras autour de ma taille et tu m’as embrassée dans le cou. C’était tellement bon que j’ai cru en mourir. Il ne fallait pas traîner alors je suis remontée, rapidement.
Je me rappelle aussi ton regard et le ton de ta voix quand je cherchais du savon (dérisoires instants), tu m’as proposé du Paic (rien n’est ridicule quand on est séduit) et tu l’as mis entre mes doigts, et tu es allé très gentiment me chercher de quoi m’essuyer. Tu étais prévenant, doux, adorable. Tout ce que tu semblais incapable d’être avec ta femme, pourtant bien plus jolie que moi, pourtant bien plus sympa que moi, pourtant bien plus respectable que moi.
Les choses qui devaient se passer se sont passées. Je ne sais pas si elle n’a pas compris, quand elle est redescendue, que nous étions côte à côte sur le canapé, toujours cette putain de télé allumée pour qu’elle ne comprenne pas. Mais je ne la crois pas si idiote. Tes doigts en moi, l’odeur de ta queue, tout cela était pleinement excitant.
Mais ce que j’ai vraiment préféré, ce sont les instants volés, interdits. M’as-tu fait boire pour que je succombe ? Question idiote, tu m’avais déjà eue, et j’avais déjà commencé à te regarder comme si je voulais que tu me baises jusqu’à l’aube.
J’ai aimé te séduire, même si ce n’était probablement qu’un besoin d’assouvir quelques désirs qui ne m’avaient pas attendue pour exister. Quand même. Le jeu, avant, c’est ce que je préfère. Et puis tu as vu, je vais jusqu’au bout, je ne me défile pas.
J’aimerais séduire et ne jamais passer à l’acte mais je m’y résous toujours. Après tout, qu’est-ce que la chair et sa propriété ? On ferme les yeux et cela passe plus vite, on peut presque croire que l’autre nous aime encore un peu lorsqu’il décharge sur notre visage.

5 Commentaires »

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  1. Sûr qu’il vous aime, au moins un peu, quand il décharge sur votre visage.
    Parfois beaucoup …
    Pourrait-il en être autrement ?

  2. Ave iou disparued ?

    • Non, mais il y a des périodes plus ou moins prolixes… ;)

      • :-)
        Faites_moi signe …

  3. It’s a Vic time ! Je ressens beaucoup de noirceur dans ce court texte, un peu désabusée, l’auteure semble comme saoulée par le sexe morbide. Je ressens le manque d’avenir dans tout ce que vous vivez, vituellement. Du plaisir, pas de la passion, des mots, construits mais point d’émotions. J’en lirai une autre plus tard, quand l’amour m’aura bien décu, ou que j’aurai fait comme vous, un bien triste coïte !


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