Jour de neige

12/12/2010 à 1:13   | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Elle s’assoit sur le bord du lit, je ne vois que son dos, comme un marbre que j’aurais envie de sentir de mes doigts. Ses cheveux sont emmêlés, blonds, ils descendent jusque sur ses reins. Je crois que c’est ça qui m’a plu instantanément chez elle : ses cheveux. J’ai un rapport très érotique aux cheveux. Les chevelures épaisses et longues m’ont toujours émue, excitée, parce que je m’imagine y plonger les doigts, sentir leur odeur de shampooing, y enfouir mon visage. Si les filles n’avaient pas les cheveux si longs, probablement que je ne les aimerais pas.
Elle commence à rassembler ses affaires. Il fait déjà jour, elle va partir, pendant que je vais rester à somnoler encore quelques heures, m’imprégnant de son odeur dans mes draps, rêvant aux autres matins que nous n’aurons probablement pas.
Chose étrange, elle passe sa jupe avant ses sous-vêtements. « Ne remets pas ta culotte, s’il te plaît. » Comme une plainte. Envie de la voir marcher, comme ça, de l’imaginer le cul à l’air (et quel cul), d’en jouir toute la journée parce que je sais d’avance que ma lascivité m’empêchera toute activité.
Elle se retourne, elle a un sourire amusé. Elle prend sa culotte à pleine main, la dépose à sa place dans le lit, et se lève. Les adieux, déjà. Je ne sais même pas si je suis triste, nostalgique. C’était bien cette soirée. Mais j’ai envie de retrouver ma solitude, loin de son cul parfait et de ses petits seins.
Je me lève, je suis nue, et je m’en fous. Je vois qu’elle me regarde du coin de l’œil, je lui plais encore. Pourtant, elle n’est plus bourrée. Peut-être que je vais la rappeler, finalement.
Son baiser est agréable et je ne peux pas m’empêcher de lui mettre la main aux fesses, pour sentir sa peau nue contre mes doigts, sentir cette douceur que j’ai violentée hier soir. Rien qu’au toucher, je sens encore les marques laissées sur son si joli corps. Au fond, je ne peux aimer la beauté que si je la torture.
J’ai encore son odeur dans mon cou quand je me recouche. Mais je n’arrive pas à dormir. J’entrouvre les rideaux pour découvrir qu’il neige. Je ne peux pas m’empêcher de penser à son cul dénudé sous sa jupe, c’est con, elle allait attraper froid. Je porte sa culotte à mon visage, son odeur m’excite un peu.
La journée va être longue.

Ça fait chier que ça dure si peu, le bonheur c’est malheureux.

02/12/2010 à 9:37   | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Tu disais souvent, nous deux c’est pas pareil. Avant tu sais je rigolais quand j’entendais Jamais nous d’Elsa, je me disais, qu’est-ce qu’ils sont cons, comment on peut croire à un truc pareil. On est évidemment tous les mêmes, on tombe tous dans les mêmes panneaux, on en prend plein la gueule et on en redemande. Le malheur c’est d’être heureux, ça c’était du Gainsbourg, et j’y croyais. Je pensais que je le savais.
Moi j’ai toujours adoré le cynisme. Je n’aime personne, je n’ai pas de sentiments, je baise, je te baise, tu me baises, tout ça sans rien ressentir. Parfois un pincement au cœur quand la nana elle se barre et me laisse toute seule alors que j’ai à peine joui mais je te jure, je m’en foutais. Les histoires d’amour, je les avais laissées aux portes de ma vie d’adulte, tout ça c’étaient des conneries d’adolescents. Des pauvres idiots qui s’enflamment le cœur parce qu’on leur a souri en coin, des pauvres cons qui n’ont pas de dignité. Moi j’en ai de la dignité, même la gueule pleine de sperme, même avec des griffures dans le bas des reins, je les emmerde tous avec ma sexualité sans émotion et sans frisson.
Tu vois, j’étais forte. J’essayais d’être forte. J’arrivais à m’en convaincre et alors, la partie était presque gagnée. Moi j’aurais jamais replongé, sans toi. Cela faisait des années. Tu te rends compte, je n’avais aimé personne depuis des années. Peut-être qu’ils m’étaient tous indifférents, peut-être qu’ils étaient tous trop médiocres, trop moches. Peut-être que j’étais trop sèche, trop incapable de penser à autre chose qu’à moi et mon plaisir minable pour les connaître vraiment. Y’en a sûrement eu, des types bien qui m’ont baisée. Qui ont voulu rester après l’éjaculation et à qui j’ai dit de dégager, que j’invitais chez moi alors même que c’était sale, et je te jure, j’en avais rien à foutre. Mais si je suis honnête, y’en a aucun qui n’a réellement persévéré. Peut-être que je n’en valais pas la peine non plus.
Et pourtant. Tu sais, je te l’ai souvent dit, ce qui me rend dingue c’est la finitude des choses. Je ne le supporte plus, que les choses aient une fin. Même une mauvaise chose. Parce que c’est trop angoissant. Ma finitude à moi, j’en ai rien à taper, tu le sais. Mais celle des autres. Comment vivre avec l’idée de la mort de ceux qu’on aime, de leur absence. Comment apprécier les instants passés en vacances quand on sait qu’ils auront une fin. Et ce n’est pas ridicule, ce n’est pas futile. C’est insupportable, que tout doive finir.
Alors ça a fini. Moi je me souviens de l’endroit, toi aussi. Quartier chic de Paris. T’étais bien emmerdé, y’avait aucun bar sympa à l’horizon. On voulait boire un whisky. Tu m’as emmenée dans un truc minable, j’ai bu vite, j’ai adoré. J’étais même pas bourrée. Plus la soirée avançait, plus je me disais, putain. Mais putain tu l’as vu ce mec ? Il te regarde comme si t’avais quelque chose à dire, et qu’il avait envie de t’écouter, en plus. Quand je suis rentrée chez moi le lendemain matin, et que tu m’avais même pas sautée, je l’ai su. C’était une évidence. Y’avait bien eu ce pauvre mec que j’avais cru aimer. Mais quand toi je t’ai connu. Je l’ai su. C’est la seule définition qui tienne la route quand on parle de sentiments. Ça se sait, et puis voilà. Une dizaine d’heures avec toi, et je savais déjà.
Alors bon, tu sais que je n’aime pas ça. Ça n’a jamais été mon truc, parler de ce que je ressens. On n’en parlait pas non plus, je crois que certains mots étaient bannis de notre vocabulaire. Il ne fallait surtout pas s’engager. Et puis de toute manière, pour quoi faire ? Tu détestais autant que moi la norme que pourtant j’aurais peut-être souhaitée à tes côtés. Mais j’avais trop d’amour-propre pour te le dire.
Je me souviens de tout. Même les nuits alcoolisées, elles me sont restées. La musique qu’on mettait trop fort. Tu sais que je peux plus l’écouter, le Cadavre exquis ? T’as même réussi à me pourrir Gainsbourg. Les films de merde qu’on allait voir au cinéma pour se toucher dans le noir. Ton sourire fuyant, tes mains un peu moites. L’anniversaire de ta sœur, horrible, où j’avais trop bu, où ta mère t’a dit que tu ne devais plus jamais m’inviter à nouveau. Ton fou rire incontrôlable face à ma tête dans les chiottes, m’excusant entre deux salves acides. La première fois où tu m’as cognée au lit, et où j’ai joui comme jamais.
« Tu me plais parce que tu m’aimeras jamais », c’était ton truc, ça. Ne pas être aimé. Pourtant j’en crevais moi. De te désirer tout le temps. D’avoir envie de perdre mon sang pour te le donner. « Ce sera jamais nous », putain tu déconnes, j’étais comme les autres, et toi aussi, toi aussi t’es rentré dans ce jeu-là, toi aussi tu m’as aimée, tu l’as jamais dit mais je le sais. C’est pas parce qu’on a refusé les invitations des autres couples, c’est pas parce qu’on n’a jamais officialisé la chose, c’est pas parce qu’on n’a jamais parlé d’avenir qu’on n’était pas ensemble. On l’était, tout le temps, j’avais ton odeur partout, ton parfum et puis t’en mettais trop d’ailleurs, ça puait dans ma chambre et le soir ça me réconfortait de te sentir là, même si t’étais absent.
Tu t’en es rendu compte et c’est pour ça que tu m’as jetée. Et c’est parce que j’ai prétendu moi aussi que ça n’avait pas d’importance que je t’ai laissé partir et que je t’ai dit, ah ouais il était temps quand même. J’en pensais pas un traître mot, j’ai passé quinze jours à manger des Pyrénéens pour passer les nuits à gerber, je me vidais de toi, je me vidais de ta présence, je me vidais de cet amour qu’on n’a jamais voulu nommer, qu’on n’a pas voulu rendre réel mais putain il était là, toujours là, et il est parti avec ma gerbe ah ça non, après y’a eu les larmes et l’envie de mourir, putain de finitude de merde, pourquoi moi et pourquoi nous… pourquoi toi aussi.
On a été aussi cons que les autres, et en plus, on s’est fait du mal en refusant de l’admettre. T’étais sans doute un peu le seul homme que je pouvais aimer. Je nuance, je module, car même encore aujourd’hui j’ai du mal à l’admettre. Mais quand je pense à toi y’a un grand vide et la seule chose qui me fasse du bien, c’est de croire que toi, t’en as jamais rien eu à foutre.

Mon sacré, lui avait-elle dit un jour en le déshabillant doucement. Massacrée, lui avait-il répondu intérieurement.

16/11/2010 à 5:03   | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Une fois n’est pas coutume… j’emprunte ces quelques mots à Albert Cohen, dans le chapitre XVIII de Belle du seigneur. Parce que rarement classique aura été autant malmené, décrié, réduit à un roman d’amour ou pire, de bonne femme. La réalité est que ce roman réussit à intégrer en quelques mille pages tout ce que la littérature a de plus vivant, de plus vibrant. Ariane, en quête de l’absolu amoureux impossible à atteindre, qui se prélasse dans son bain…

remords les cadeaux qu’il m’apporte son bon sourire et moi souvent méchante demander à Dieu un coup de main pour être épouse modèle oh le regard chien quand il commence à être chien quand il me regarde sérieux soucieux chien myope avec des intentions enfin quand il veut se servir de moi affreux ce qui est drôle c’est qu’il éternue quand ça lui vient quand il va faire le chien ça ne manque jamais il éternue deux fois atchoum atchoum et alors je me dis ça y est c’est le chien et je n’y coupe pas il va faire sa gymnastique sur moi et en même temps j’ai envie de rire quand il éternue et en même temps angoisse parce que ça va venir il va monter sur moi une bête dessus une bête dessous mais la dernière fois il a inauguré un système comique il me mordille d’abord ça me fait penser à un pékinois qui joue c’est très désagréable mais pourquoi est-ce que je lui dis pas de pas me mordiller c’est pour pas l’offenser ne ne ne faut dire les ne mais aussi parce que je déguste le grotesque comme dans l’autobus quand je suis envoûtée attirée par un visage affreux alors je le regarde mais c’est peut-être aussi par méchanceté que je le laisse faire parce qu’il est ridicule oh de quel de quel droit cet étranger de quel droit il me fait mal me fait-il mal surtout au début comme un fer rouge oh j’aime pas les hommes ne ne et puis quelle drôle d’idée quelle imbécillité de vouloir introduire ce cette ce cette chose chez quelqu’un d’autre chez quelqu’un qui n’en veut pas à qui ça fait mal c’est du joli les voluptés des romanciers est-ce qu’il y a vraiment des idiotes qui aiment cette horreur oh affreux son haha canin sur moi comment est-ce que ça peut le captiver tellement et en même temps envie de rire quand il bouge sur moi tellement rouge affairé si occupé soucieux les sourcils froncés puis ce haha canin si intéressé est-ce que c’est si palpitant ce va-et-vient c’est c’est comique et puis ça manque de dignité oh il me fait mal cet imbécile et en même temps pitié de lui pauvre studieux qui bouge tellement là-dessus qui se donne tellement de peine et qui ne se doute pas que je le regarde que je le juge je ne veux pas l’humilier en moi-même mais je ne veux pas m’empêcher chaque fois de dire Didi Didi pour battre la mesure pour scander son va-et-vient scander les mouvements du malheureux de dessus scander les mouvements stupides incroyables d’arrière en avant d’avant en arrière si inutiles Didi Didi Didi je répète intérieurement j’ai honte je me déteste c’est un pauvre gentil mais j’y je n’y peux rien et ça dure ça dure lui sur moi Ariane d’Auble on dirait un fou un sauvage oh comme c’est laid pardon je regrette pardon pauvre chou affreux son haha canin mon mariage va canin cana tout ça la faute de mon suicide raté agacée agacée tout le temps et lui se doutant de rien ne ne et moi trop pitié pour lui dire assez filez ça dure ça dure sur moi déshonorée et enfin ça y est c’est l’épilepsie la drôle d’épilepsie du monsieur qui s’occupe des territoires sous mandat il pousse des cris de cannibale sur moi parce que c’est la fin et que ça a l’air de lui plaire beaucoup et puis il tombe près de moi tout essoufflé c’est fini jusqu’à la prochaine fois non pas fini d’ailleurs parce que alors il se colle contre moi tout collant tout poisseux et il me dit des tendresses écœurantes et c’est pire oh j’en ai assez assez de tout assez de ses histoires de promotion cocktails coups de Trafalgar et pourtant touchant le pauvre pur dans sa petite boue un peu d’eau chaude maintenant s’il te plaît assez merci mais il m’agace fais attention chérie il a plu les routes sont glissantes conduis lentement et puis toujours à m’ennuyer que pas assez couverte et puis sa manie de me toucher tout le temps ça m’exaspère déjà il y a les nuits ça devrait suffire et puis se manie de me demander tout le temps conseil […] Papa que je respecte tant Papa affreux sur Maman la maniant aussi comme une bête Papa poussant aussi des cris de chien haha haha comment est-ce possible évidemment tous les gens puisqu’il y a tout le temps des naissances monsieur et madame Turlupin ont la joie de vous faire part de la naissance de leur petite Turlupette quel toupet d’avouer ainsi publiquement et tout le monde trouve naturel convenable cet avis de naissance oui tous font ces horreurs et neuf mois après ils n’ont pas honte de l’annoncer tous même des gens respectables le jour habillés et aussi ces ministres qui font des discours à la Société des Nations sur la paix mondiale de jour ces ministres sont sérieux habillés et la nuit déshabillés ils gigotent sur leurs pauvres femmes mais personne ne semble se douter de cette bouffonnerie et on les écoute sans éclater de rire […]

You will never have me

11/11/2010 à 10:52   | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Je l’ai rencontrée dans une soirée organisée par des amis. J’y étais allé par hasard, je n’avais pas envie de sortir, envie de voir personne. Ça faisait bien deux mois que je n’avais pas baisé et je pensais, à tort, que la soirée ne serait pas féconde dans ce domaine. Mais finalement, je me suis décidé, probablement parce que je n’avais plus rien à manger et que j’avais envie de boire jusqu’à oublier tout le reste.
Quand je suis entré dans le grand appartement rempli de bobos habillés par Zadig & Voltaire, j’ai eu envie de m’enfuir et puis j’ai vu une bouteille de vodka, et j’ai retrouvé le courage nécessaire aux embrassades obligatoires. J’avais à peine terminé mon premier verre qu’elle est entrée, visiblement elle bien éméchée. J’ai tout de suite remarqué qu’elle n’était pas jolie, mais elle avait de gros seins. Et de longs cheveux roux qui ont immédiatement produit en moi une excitation sexuelle très forte.
Je l’ai un peu observée avant d’oser m’approcher. Elle parlait fort, riait fort. Sa bouche était comme le point central de mon attention, prometteuse, brillante, généreuse sans être vulgaire. Elle, elle était vulgaire. Mais pas ses lèvres. J’ai rebu un coup, et alors qu’elle s’asseyait sur le canapé pour visiblement se servir à son tour, je suis allé m’installer à ses côtés. Elle m’a lancé un drôle de regard, et puis elle a ri, sans que je comprenne pourquoi. Je l’ai saluée, lui ai dit mon nom. Elle n’a pas répondu, elle ne me regardait déjà plus, elle a rempli son verre de whisky, l’a avalé d’un trait, puis s’est finalement tournée de mon côté. « Si ça te dérange pas trop, j’aimerais autant qu’on baise tout de suite. »
Je n’ai pas pu m’empêcher de rire, et je me suis levé pour partir. Bien sûr, elle m’a suivi. J’aurais aimé qu’elle me précède, que je puisse voir son cul moulé dans son jean, que je puisse m’imaginer ses hanches nues et ma langue sur son dos. Je bandais déjà pas mal quand je suis monté dans la voiture.
Je n’avais pas encore démarré, et c’est là qu’elle m’a dit qu’elle voulait me sucer, qu’elle voulait que je jouisse dans sa bouche, là, tout de suite. Ça ne m’a pas mis très à l’aise. Je n’aimais pas l’idée du lieu public, cette rue certes noire où j’étais garé, où on pourrait nous voir. Elle ne m’a pas tellement laissé le choix ; elle s’est penchée sur mon entrejambe, a déboutonné le pantalon. Longuement, elle m’a branlé au travers de mon caleçon. Je me sentais devenir réellement excité quand elle a prestement baissé mon sous-vêtement et s’est jetée sur ma queue. La chaleur de sa bouche était un délice. J’ai failli venir immédiatement mais elle s’est alors dégagée pour me branler à nouveau. Elle a passé sa langue sur mon gland et je savais d’ores et déjà que cette fille serait un de mes meilleurs coups. Elle m’a souri, et me regardait droit dans les yeux.
Là, j’ai réalisé que je ne savais même pas son nom. Et alors qu’elle remettait ma queue dans sa bouche, j’ai éclaboussé sa gorge de foutre. Ça n’a pas eu l’air de la déranger et elle a tout avalé.
Elle m’a fait signe de démarrer et j’avais envie de lui demander son nom, mais je n’ai pas osé.
Lorsqu’on est arrivés chez moi, elle m’a demandé : « On fait ça où ? » J’ai bredouillé que je ne savais pas, alors elle s’est installée sur mon canapé rouge quasiment neuf, a commencé à se déshabiller. Ses gestes étaient mécaniques mais la blancheur de sa peau me rendait dingue. Elle avait quelques taches de rousseur sur les épaules, j’aurais pu passer la nuit à les regarder, les goûter. Quand elle a été nue, elle m’a dit de la rejoindre. Je me suis déshabillé aussi, j’aurais préféré qu’elle s’en occupe mais elle m’attendait sagement et n’avait pas l’air d’avoir envie de ce genre préliminaires. J’ai commencé à l’embrasser, à la toucher, pendant qu’elle recommençait à me branler. Quand elle a senti que je bandais suffisamment, elle m’a repoussé gentiment pour se mettre à quatre pattes. Elle voulait que je la prenne en levrette et j’ai commencé à la caresser, alors elle a tourné la tête et m’a dit : « ne t’emmerde pas avec ces conneries, baise-moi, c’est tout. »
Elle mouillait un peu, je ne savais pas si elle était suffisamment excitée mais la vue de son cul rond et blanc me rendait trop dingue pour que je refuse sa proposition. Sa chatte elle aussi était rousse, cette vue me plaisait beaucoup. J’ai commencé les va-et-vient, et n’ayant jamais été un très grand amant, je savais que j’allais jouir trop vite. Elle, de son côté, ne remuait pas. Sa respiration n’avait pas l’air de s’accélérer, je ne l’entendais pas gémir, pas même dans un souffle. Comme si elle ne réagissait pas.
Rapidement, je n’ai plus pensé à rien, et je l’ai prévenue que j’allais jouir. Elle m’a simplement dit « vas-y », et je me suis laissé aller. Je sentais ses gros seins dans mes mains et l’orgasme a été foudroyant. C’était incroyable l’effet qu’elle me faisait, conjugué à cette longue abstinence qui me permettait de jouir abondamment à plusieurs reprises.
Elle s’est relevée, quasiment comme si de rien n’était, est allée chercher du sopalin pour s’essuyer. Elle n’avait pas l’air de sortir d’une partie de jambes en l’air, pas de rouge aux joues, pas de fine couche de sueur sur son front.
Je me suis hasardé à lui demander si ça lui avait plu, comme un pauvre type qui sent qu’il n’a pas réussi à faire jouir une fille. Elle a ri et m’a répondu : « Je ne fais pas ça pour prendre mon pied. »
J’ai dû avoir l’air étonné. Je ne comprenais pas. « Pourquoi alors ? » Il me semblait inconcevable qu’on baise pour une autre raison que le plaisir.
« Pour avoir le contrôle. »
Et ma frigide rousse est sortie de mon appartement, et de ma vie.

Je n’ai pas de sentiments, et même si j’en ai un jour, ils ne triompheront jamais de mon intelligence.

23/10/2010 à 9:29   | Publié dans Uncategorized | 1 Commentaire

Il avait l’air tellement minable. Triste aussi, quelque part. Avec son érection au bord de la jouissance, tendue vers moi, que les « je t’aime » rythmaient comme un mantra capable de me donner envie de lui. Je n’avais pas envie de lui. Je n’avais pas plus envie de lui quelques minutes auparavant quand je l’avais pris dans ma bouche, qu’il a eu ce regard de gratitude qui m’agace tant. Croyait-il que je le désirais ? Croyait-il que la dureté de son sexe me le rendait irrésistible ?
Je voulais fuir. Je me suis détachée, l’ai repoussé. Son regard totalement dans le vague ne laissait à lire que l’incrédulité. « Tu ne vas pas me laisser comme ça ? »
J’ai eu envie de sourire, comme un jeu d’enfant, comme un rictus impossible à contrôler. Mais je me suis retenue. Il fallait qu’il croie que ce n’était pas le dégoût qui me faisait partir. Je ne voulais pas qu’il sache la répugnance qu’il m’inspirait. Après tout, il m’en avait fallu, du temps, pour en trouver un à qui je plaise. Le plus infâmant, c’est que je le trouvais beau. Qu’intellectuellement, je pouvais penser à ses mains sur moi sans avoir envie de hurler. Mais son contact m’insupportait. Comme s’il lui était impossible de se contrôler, comme si seule la chair, qu’il me semblait désirer moi aussi, lui importait.
Partir, et vite.
« Non, pas comme ça. Je ne veux pas qu’on fasse ça comme ça. »
Foutaises. Le romantisme, je m’en foutais. Je voulais juste qu’il dégage ses mains de ma tête, sa queue puante de mon visage, que je ne sente plus son étreinte ni son emprise.
Le plus terrible, c’est qu’il a été compréhensif. Qu’il a gentiment remis son sexe prêt à exploser dans son pantalon. Qu’il m’a encore serrée contre lui, et qu’il n’a pas senti mes bras ballants le long de son corps, ballants parce qu’incapables de le serrer ou d’avoir simplement envie de le toucher.
Je me suis enfuie, comme une voleuse. Il avait marmonné avoir envie de me revoir, de m’inviter chez lui, que ce serait plus agréable que dans les toilettes où nous nous étions réfugiés ce jour-là. À chaque fois que je tournais la tête, je sentais sa putain d’odeur sur moi, son haleine encore sur mes lèvres, son parfum imprimé sur ma veste. Des frissons de dégoût me parcouraient le corps à chaque rappel de sa présence sur mon propre corps.
À peine rentrée, je me suis déshabillée, mis mes vêtements dans la machine. Oublier son odeur, faire comme si elle n’avait jamais existé, comme s’il ne m’avait jamais violé la bouche alors que je n’avais imprimé aucun signe de résistance ou même d’absence de consentement.
C’est en passant aux toilettes que j’ai éprouvé le sentiment de haine le plus fort, mêlé aussi à de la honte. J’étais mouillée comme je l’avais rarement été. Ça coulait sur le haut de mes cuisses, et ma culotte avait une tache plus sombre en son milieu. Je n’ai pas compris. Comment ma tête avait pu crier aussi fort qu’elle n’avait aucune envie de ce garçon, et comment mon corps avait pu comprendre le contraire en me permettant, de manière aussi prosaïque, de le recevoir en moi.
Il m’avait promis de me rappeler bientôt, pour fixer un nouveau rendez-vous, sans doute. Dans le métro qui m’avait ramenée, je m’étais jurée de ne pas y aller, de ne plus jamais aller le voir. J’y avais cru, à ma certitude de ne pas avoir envie de lui.
Les jours passaient, il ne donnait aucune nouvelle. Pas un mot. Peut-être gardait-il sa queue bandée en travers de la gorge, à défaut de s’être déchargée dans la mienne. J’ai d’abord pensé que cela valait mieux. Que je n’avais pas de temps à perdre avec ça. C’était vrai. Mais le plus vrai, c’était le désir — totalement absent lorsqu’il m’avait serrée contre lui — qui se formait au fur et à mesure qu’il m’ignorait.
Au bout de cinq jours de silence, j’aurais tout donné pour le revoir et qu’il ait encore envie de moi, et qu’on baise. L’idée m’aurait fait vomir quand j’étais à ses côtés, quand je sentais son désir. Mais lorsque je ne sentais plus le sien, le mien naissait, expirait comme une tumeur cancéreuse non-désirée, détestée, destructrice. L’obsession : voilà ce que j’éprouvais, pour un homme dont je n’avais pas eu envie lorsqu’il s’offrait à moi. Je savais le dégoût et le désir proches, mais n’en avais jamais fait l’expérience aussi nette.
Je l’ai relancé. Peu subtilement. Comme une femme en manque d’habitude peut le faire. Comme une femme qui ne veut pas manquer son coup, taper fort, sans subtilité. Qu’il comprenne qu’enfin, le désir était là. Parce que le sien s’était visiblement fait la malle.
Il a laconiquement accepté de me revoir, chez lui cette fois. L’idée était claire, j’allais y passer, jusqu’au bout, sans possibilité de repli. Je ne savais pas quel sentiment prédominait, quand j’ai tourné la clef de mon appartement. Mais un seul doigt en moi me fit comprendre que, comme toujours, mon corps était prêt, préparé, et désirait ce simulacre ridicule.
J’ai écouté Schubert dans le métro. Sonate en la mineur. Je n’avais plus envie de rien, mais j’y suis allée, j’ai monté les trois étages, j’étais un peu essoufflée, il m’a ouvert sans me sourire et j’ai alors eu violemment envie de lui et de sa bouche dure contre la mienne.
Je me suis assise sur le canapé bleu foncé qui ornait son salon. Je n’ai même pas regardé à quoi l’endroit ressemblait, je n’ai vu que lui, en jean et t-shirt, mal réveillé, mal rasé. Il ne m’a pas souri une seule fois. Je sentais la chaleur caractéristique dans mon bas-ventre, et ma respiration s’est accélérée, sans que je le veuille. Son indifférence m’a rendue folle.
Il a commencé à parler sans que j’écoute. J’ai commencé à tendre l’oreille quand j’ai entendu « qu’une grosse allumeuse ».
Il était debout à côté de moi, j’ai failli tomber à genoux et embrasser ses pieds. Je l’ai simplement regardé, implorante. Tant qu’il semblait me détester, tant qu’il semblait ne pas vouloir de moi, il était l’homme idéal.
« Mais pourquoi tu fais ça ? pourquoi tu me regardes comme ça alors que l’autre fois ma bite semblait te dégoûter ? »
J’ai essayé de m’approcher de lui, pour toucher sa jambe, sentir sa chaleur. Comme par réflexe, il s’est tordu sur le côté et m’a giflée. La décharge électrique qui m’a parcourue était sans pareil. J’ai vu qu’il s’en voulait, il s’est mordu la lèvre et m’a tirée par le bras.
« Casse-toi, ça ne sert à rien. Tu ne m’intéresses pas. »
Il m’a poussée sur le palier. Je me suis longuement appuyée contre sa porte, comme pour satisfaire mon envie de lui, mon envie de sa froideur sur mon désir.
Lentement, je me suis adossée pour me laisser glisser sur son paillasson sale. J’ai déboutonné mon pantalon, ai introduit ma main dans ma culotte. J’ai joui en quelques secondes. Le lendemain, il m’a retrouvée là, endormie, m’a réveillée et sommé de l’oublier.
Mais c’est toujours son expression mêlée de haine et de frustration, aperçue juste avant qu’il me gifle, qui m’apparaît lorsqu’arrive l’orgasme.

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Je ne les aime pas, c’est tout.

10/10/2010 à 4:17   | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Le jour se levait déjà sur le boulevard. Nous avions passé la nuit entière à marcher, d’un point à un autre, sans réel but, tout en discutant de sujets qui nous traversaient l’esprit. À aucun moment il n’a cherché à prendre ma main. J’ai préféré ça, sur l’instant : cela m’aurait mise mal à l’aise. Mais je savais qu’à peine rentrée chez moi, je regretterais son manque d’impudence, et plus encore qu’il n’ait pas eu envie de sentir la chaleur de ma paume contre la sienne.
Je ne crois pas que j’avais froid. Il faisait pourtant à peine un ou deux degrés, mais il m’avait dit : « couvre-toi bien, il va faire froid. » Et puis bêtement, c’était comme si je ne sentais rien, parce que je sentais sa présence, j’entendais ses paroles, et alors il faut bien reconnaître que le reste était d’une importance minime voire inexistante. Je regrettais simplement de ne pas être en face de lui, de ne pas voir son sourire, son rire, la forme de sa bouche lorsqu’il parlait. Mais je pensais qu’il y en aurait d’autres, des tête-à-tête, que j’aurais tout le temps de l’étudier et de m’imprégner de ce qu’il était.
Nous étions arrivés près d’une bouche de métro. J’avais les mains enfouies dans mes poches, le nez rougi par le vent. J’ai senti qu’il voulait partir. J’ai doucement proposé que nous allions nous mettre au chaud. Il m’a regardée, a souri, a dit oui, tout simplement.
C’était étrange de partager tous les deux ce trajet dans le même train. Étrange parce qu’on se connaissait trop pour s’ignorer totalement, mais aussi parce qu’on ne se connaissait pas assez pour savoir comment agir. Il n’osait pas me regarder, j’aurais aimé qu’il le fasse, qu’il me force à détourner les yeux. Je voulais lire sa tendresse qui me semblait aller de soi, son regard de vive curiosité et d’intelligence aussi.
Naturellement je suis descendue avec lui, je ne voulais pas que ça s’arrête, je ne voulais pas le quitter, pas rentrer chez moi et retrouver mon lit, pas dormir, pas toute seule, pas sans lui. Il ne m’a même pas posé la question, tout cela coulait de source.
Nous nous sommes installés, l’appartement n’était pas le sien, peut-être ses parents, je ne savais pas, là encore, peu importait. Contingences, choses matérielles, plus rien ne pouvait m’atteindre.
Il m’a proposé un café, j’ai accepté. J’ai enlevé mon manteau, je me suis retrouvée idiotement avec mon décolleté trop profond pour être sans arrière-pensée sous ses yeux, et j’ai eu un peu honte. C’est alors que j’ai vu qu’il me détaillait, des pieds à la tête. J’ai détourné les yeux, je sentais la catastrophe arriver mais je ne pouvais pas l’arrêter.
On a encore parlé. Il était moins loquace qu’avant. Malgré mon envie de connaître par cœur sa peau et la moindre forme de son visage, je n’osais pas le regarder en face, laisser mon regard rencontrer le sien. Je détournais la tête, regardais les étagères. Je savais qu’il allait falloir m’y résoudre. Me laisser voir et découvrir que rien n’avait changé et qu’une fois de plus, il allait s’agir d’aller jusqu’au bout et de ne pas renâcler, de ne pas refuser.
J’ai levé les yeux vers lui, et instantanément son regard s’est fixé sur moi. Je l’ai soutenu, par défi. C’était ce regard que je déteste tant. Je sais que je pourrais haïr les hommes du plus profond de mes tripes si je ne croyais pas pouvoir découvrir autre chose que ces yeux durs qui me fixent, sans me lâcher, pour me faire comprendre que maintenant, on ne rigole plus. J’ai envie de te baiser et tu n’as pas le droit de dire non, voilà ce que dit ce regard, voilà ce que je dois comprendre. Et si je ne comprends pas, le silence gênant qui accompagne ce mouvement oculaire ne laisse plus de place au doute.
Une fois j’avais essayé de partir. Je n’étais pas vierge mais presque. Je ne voulais plus de cette obsession pour moi, je ne voulais plus de ce regard qui n’avait qu’une seule issue, sensuelle et sans suite. Je revois encore le garçon de l’époque, sourire carnassier, qui m’a attrapée par le bras et a soufflé dans mon oreille. J’étais à lui et je ne pouvais plus dire non.
Une fois qu’il y avait eu ce regard asphyxiant, la marche arrière était devenue impossible. Je le savais. Me détestais. Comment n’avais-je pas compris qu’il allait, lui aussi, vouloir autre chose que le badinage amusant auquel on jouait quelques secondes plus tôt ? Je n’étais pas innocente, je n’étais pas bête, je n’étais pas née de la dernière pluie, j’avais connu ces situations-là, je savais que je faisais tout pour y arriver. Mais voilà. Je l’aimais.
J’ai voulu fuir, hurler, vomir. Surtout vomir, vomir ma haine de lui et de tous les autres qui m’ont prise violemment, doucement, tendrement, sèchement, rapidement, lentement, suffoquant, tout ça sur sa petite gueule de mec sympa, le couvrir de ma gerbe puante représentant tout ce que je détestais, ce putain de regard dur et froid et devant lequel il n’y avait aucune échappatoire possible.
A la place, je me suis contentée de sourire et il m’a baisée, avec toute l’arrogance du mâle qui sait qu’il a réussi à piéger sa proie. Quand il a joui, j’aurais tout donné pour pouvoir lui couper la tête.

He ate my heart and then he ate my brain

21/07/2010 à 3:28   | Publié dans Uncategorized | 1 Commentaire

Mes seins sur son torse. C’est la seule image que j’ai en tête, leitmotiv incessant, angoissant, asphyxiant. Il discute et je ne vois que ça. Son torse dénudé et mes seins qui viennent se poser sur son cœur. Je ne vois que le haut de nos deux corps, le reste n’a pas d’importance, hormis symboliquement : la symbolique de la relation sexuelle, de l’attachement amoureux. De la proximité des corps voulue par la proximité des cœurs. Des clichés. Ils reviennent, plus bruyants que jamais.
Il me regarde, rit parfois. Un rire d’enfant. Il me broie le cœur quand ce n’est pas moi qui l’amuse. Il y a cette autre fille qu’il regarde. Je sais que ce n’est qu’une curiosité sociale. Mais j’aurais tellement peur qu’il en regarde une autre comme il m’a regardée.
Vodka, un deux trois. Bouffie d’orgueil je leur dis à tous qu’il m’en faudra plus pour tomber dans l’ivresse. Échec et mat : je suis ivre à la fin de la première. Je remercie mon estomac vide, la soirée commence, je ris et je n’ai plus si chaud.
Je regarde ses mains et elles me fascinent. Je me rappelle des amies de lycée qui disaient aimer les belles mains car on pouvait imaginer les doigts qui se glissent dans la chatte. Je ne peux pas penser à autre chose. Ça, et mes seins lourds qui s’appuient sur son torse.
Je n’avais jamais eu ce genre de vision apocalyptique avant. Dieu m’a été révélé. Je connais l’amour, comme on connaît une pute. Je connais ce lien qui nous attache à quelqu’un, sans qu’on l’ait voulu, sans qu’on l’ait rêvé.
C’est monstrueux. S’il fallait trouver un adjectif ce serait celui-là. Parce que c’est énorme, dangereux, incontrôlable. Absolument monstrueux. Et dégueulasse. Je n’aime pas les choses dégueulasses, je n’aime pas la sensation dans mon ventre. Je n’aime pas entendre son rire et frissonner.
J’ai détourné les yeux. Il m’a regardée. Trop longtemps. J’ai détourné le regard. Peur d’assumer ce truc monstrueux. Il l’a sans doute vu, je ne suis pas si bonne menteuse que je le prétends.
Et toujours mes putains de seins sur son torse.

Classée X parce qu’excessive, lascive

27/01/2010 à 10:33   | Publié dans Uncategorized | 3 Commentaires

Il avait les lèvres chaudes. C’était amusant parce que dans ce froid polaire, moi je n’avais pas envie de mêler mes lèvres aux siennes. Et puis finalement, ça m’avait soulagée. Soulagée du froid, de la journée trop lourde que je venais de passer. Je l’aimais bien, Matthieu, parce qu’il était gentil avec moi. Il m’avait demandé une fois si je l’aimais : bah je sais pas, lui avais-je répondu. J’avais bien vu à sa tête que ce n’était pas exactement ce qu’il attendait. Mais qu’est-ce que j’en savais, de l’amour ?
A la sortie du collège, il avait toujours envie de me raccompagner, de me tenir la main. C’était sympa et puis surtout, ça rendait jalouses toutes les autres filles de la classe. Matthieu n’était pas très beau, mais il était toujours là. A la récré, à la cantine, le matin avant les cours, le soir après les cours. Jamais il ne me laissait tranquille. Ça m’énervait un peu, mais tout le monde trouvait ça génial. Alors je ne disais rien.
Mes parents aussi, ils l’aimaient bien. Ça ne me faisait pas toujours plaisir mais enfin, c’était plus pratique. Je pouvais l’inviter chez moi, sans qu’ils se plaignent. « Comme il est gentil, Matthieu ! Tu devrais lui dire de venir plus souvent. » Comme si je n’avais que ça dans ma vie.
Mais moi ce dont je rêvais, c’était qu’il me serre un peu plus fort. On avait presque quinze ans, on était des grands. C’était bien, de l’embrasser avec la langue. Mais la chaleur de son souffle me donnait envie d’autre chose. Je savais bien qu’il s’agissait de sexe, mais je n’y connaissais rien. Je voulais découvrir un peu, son corps, le mien. Je voulais qu’il me regarde toute nue, dans sa chambre, qu’il me dise des choses que je n’entendais que dans les films. Parfois ça me brûlait le ventre, et je ne savais pas comment lui dire. Lui, il mettait sa tête sur mon épaule, ça avait l’air de lui suffire.
Je lui ai demandé plein de fois si je pouvais dormir chez lui. Il était gêné, il me disait que ses parents ne voulaient pas. Quant aux miens, c’était hors de question : ils me l’avaient dit la première fois qu’ils avaient vu Matthieu. « Il a l’air très sérieux, ton copain, mais il vient juste passer l’après-midi, rien de plus. »
Ça a fini par devenir un problème. Parce que vraiment, il était très gentil. J’aimais bien comme il m’embrassait. Mais j’étais tellement lasse, je voulais tellement autre chose. Et lui qui affichait ce sourire niais dès qu’il me voyait. Je voulais qu’il fasse quelque chose, qu’il m’insulte, me morde, quelque chose ! mais quelque chose de nouveau, de violent, de vivant.
J’insistais tant et si bien qu’un matin, après m’avoir consciencieusement léché le visage pendant les quelques minutes qui me restaient avant le premier cours, il a fini par me lâcher que ses parents seraient absents le vendredi soir qui suivait. Et que je pouvais passer la soirée chez lui, jusqu’à ce que ses parents rentrent et me ramènent chez moi. J’ai souri très fort, j’ai senti que ça lui faisait plaisir.
Le vendredi est arrivé. Mes parents me faisaient la leçon, gentiment, comme si au fond, ils ne s’inquiétaient pas trop. Et puis j’étais une fille sage, bonne élève, toujours agréable. Ils n’avaient aucune raison de s’inquiéter. Ils m’ont déposée à 19h chez Matthieu : il faisait déjà nuit dehors, en ce plein mois de décembre. Quand il m’a ouvert, je crois qu’il a aimé le maquillage que j’avais eu le droit exceptionnellement de mettre, le noir sur les yeux, le rouge sur les lèvres.
Matthieu était un peu gauche, ce soir-là. Il m’a demandé si je voulais de la musique : moi je voulais bien tout. Il a commandé des pizzas, on n’allait pas en plus faire la cuisine. On s’est assis sur son canapé et alors qu’on entendait résonner un album de Linkin Park il a commencé à m’embrasser. C’était très agréable, chaud et doux, comme j’aimais. Mais au bout de quelques minutes, j’avais envie qu’il me touche. J’ai pris ses mains, sans cesser de l’embrasser et je les ai posées sur mes seins. Il a arrêté de bouger quelques secondes et puis il s’est mis à me tripoter, maladroitement (j’étais sa première fille). Je sentais des sensations nouvelles, comme quand je me touchais toute seule, la nuit. J’avais envie de ressentir la même chose dans ses bras.
Je me suis approchée de lui, m’allongeant presque sur son corps, et c’est alors que je l’ai senti — son sexe dressé dans son jean. La sensation m’a électrisée. Ma main est naturellement descendue vers son entrejambe et il a étouffé un grognement quand j’ai commencé à le toucher, sans trop savoir comment.
C’est alors qu’il m’a repoussée, le souffle court, et qu’il m’a dit : « Tu veux bien te déshabiller ? » C’était une envie pressante et en même temps, c’était le même Matthieu un peu gauche qu’auparavant. Si j’avais dit non, il aurait baissé les yeux, aurait ravalé son érection et serait parti chercher un autre CD. Mais moi, j’en avais tellement envie.
J’ai déboutonné mon gilet, et ai passé mon t-shirt par-dessus ma tête. J’avais choisi mon plus beau soutien-gorge, je voulais qu’il le voie ce soir. Il était bleu foncé, maman n’avait pas été trop d’accord quand j’avais voulu l’acheter mais je savais, en regardant Matthieu, que j’avais eu raison. Je l’ai enlevé également, libérant mes deux seins, mon petit 85B d’adolescente, tendus comme jamais.
Matthieu était comme hypnotisé. « A toi », je lui ai dit. Il a replongé ses yeux dans les miens et timidement, a retiré son pull (il n’avait rien en-dessous) et descendu son jean. Comme lui, je restais bloquée sur cette anatomie que je ne connaissais pas. Il portait un boxer complètement déformé par son érection. J’ai trouvé ça beau. J’avais envie de le toucher, le goûter.
J’ai également retiré le bas : un pantalon noir. Je me suis retrouvée en string, sur le canapé de ses parents, et lui m’a dit : « montre-moi tes fesses, s’il te plaît ». Je me suis retournée et j’ai senti ses mains chaudes se poser sur mon cul, alors j’ai commencé moi aussi à respirer plus fort, plus vite. Je sentais sa queue contre ma cuisse et les images défilaient dans ma tête, les pornos que j’avais pu voir, les téléfilms érotiques, mais rien, rien n’était comparable à ce vertige-là, à ce désir qui me prenait tout entière.
Il a promené ses mains sur tout mon corps, il a longuement touché mes seins, avant que je ne me retourne pour toucher à mon tour ce corps nouveau, si différent du mien, si attirant. Je n’ai même pas hésité avant de glisser ma main sous son boxer : c’était chaud, dur comme de la pierre, et doux.
Doucement, j’ai commencé à le branler, à faire des va-et-vient sur son sexe. Il a essayé de bredouiller « attends », mais je n’ai pas compris, et trop tard : il venait d’éjaculer dans son boxer. J’ai senti un liquide chaud et gluant se coller à ma main ; j’ai arrêté de le toucher, pendant qu’il s’étalait sur le canapé, visiblement soulagé. J’ai examiné le liquide blanchâtre qui coulait sur mes doigts, l’ai senti, l’ai goûté. C’était fort, mais très excitant.
Il m’a regardée et m’a dit : « je suis désolé ». Mais ce n’était pas très grave. Il m’a proposé de me faire la même chose, mais au bout de quelques minutes, j’ai compris qu’il ne saurait pas me faire jouir. Je l’ai doucement repoussé, j’ai écarté les cuisses et j’ai commencé à me masturber. Il ne m’a pas quittée des yeux, ce qui je crois m’excitait encore davantage. J’ai fini par jouir un peu bruyamment, parce que j’étais très chaude et aussi parce que je voulais l’impressionner.
Quand il est revenu se coller à moi, j’avais un peu de sueur collée sur le front et j’ai senti qu’il recommençait à bander dans son boxer souillé. Moi, j’étais trempée et il m’a demandé s’il pouvait me mettre un doigt. Au final, il en a mis trois, et les a léchés après coup.
L’heure tournait et j’ai alors compris qu’on ne ferait rien de plus ce soir-là. On n’a pas même eu le temps de se doucher : on a mangé nos pizzas et ses parents sont rentrés. Ils nous ont raconté leur pièce de théâtre, puis m’ont ramenée chez moi, après un dernier baiser d’amoureux.
Dans la voiture, je n’arrêtais pas de sentir mes doigts. Cette odeur-là resterait comme l’aphrodisiaque ultime, de même que l’image de ce boxer qu’il a gardé, plein de son sperme, de son excitation pour moi.
Le lundi suivant, j’étais officiellement une salope et lui, un éjaculateur précoce. Il ne m’a jamais pardonné d’avoir tout raconté. Moi, j’avais enfin une réputation qui me permettrait de coucher avec n’importe qui.

Catin

30/12/2009 à 11:03   | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

La pièce était moite, comme d’habitude. Foutue clim qui ne marchait jamais en été. J’essayais d’aérer mais la chaleur était tellement étouffante à l’extérieur que ça ne servait à rien, tout juste quelques rayons de soleil réussissaient à s’infiltrer et éclairer cette chambre aux allures tristes.
Je soupirai. Il n’était que trois heures de l’après-midi, j’allais encore devoir rester deux bonnes heures. Et probablement, pas un client qui viendrait. Quel job de merde.
Peu après, j’entendis du bruit en bas. Les voix familières de l’hôtesse et de la directrice se firent entendre, ponctuées par celle d’un homme. Ah, du travail. Un peu d’occupation ne me ferait pas de mal.
Je commençai à passer le gant de toilette sur mon corps, puis le reposai dans le lavabo qui ornait la pièce. Je sentais encore la sueur mais ce n’était pas grave, de toute manière il ne devait pas s’attendre à grand-chose d’autre pour le prix que coûtait une passe ici.
Les pas dans l’escalier me firent frémir. Souvenirs des premières fois, des voix qui me revenaient en tête, des odeurs surtout. Je n’oubliais pas une odeur.
Les pas se firent plus proches. Montée d’adrénaline. Cela faisait des mois et pourtant, j’avais toujours une montée d’excitation à l’idée d’en rencontrer un nouveau. Un nouveau corps, une nouvelle domination, une nouvelle queue.
Il entra comme timidement. Ça me fit sourire. Je savais comment faire avec ceux-là. Comment faire monter le désir. Mais ça ne servait à rien : il bandait déjà. Le plus beau spectacle du monde : une érection serrée dans un jean. Je compris que je n’aurais pas besoin de lubrifiant.
Il s’éclaircit la voix : « Bonjour. » J’avais déjà un grand sourire, le sourire d’hôtesse, de celle qui allait le mettre à l’aise. Je lui désignai le lit : « Tu peux commencer à te déshabiller, si tu veux. On fait quoi ? »
Il me regarda un peu bizarrement. « Vous parlez comme une coiffeuse. » « Dis-moi tu. Qu’est-ce que tu veux ? » Là, je l’avais mis mal à l’aise. Zut. Je croyais qu’avec son visage d’écolier (je remarquai alors qu’il était franchement laid, vu de face, mais un peu plus charmant de profil) il allait vouloir être dirigé, peut-être dominé.
Il s’assit sur le lit et me fixa dans les yeux. « Je veux tout ce que tu es d’accord de faire. »
Je n’avais jamais entendu ça avant. Je hochai la tête, inutile d’en dire plus. Il commençait déjà à défaire son pantalon, quand il se retourna et me dit : « Mets-toi toute nue tout de suite. »
Je défis ma robe légère, sans rien dire. Il savait ce qu’il voulait. Peut-être n’était-ce pas la première fois qu’il venait, alors – je me serais trompée ?
Je décidai d’agir comme lui, d’aller droit au but. « Tu voudras terminer par une sodomie ? » Il fit non de la tête. « Ta chatte me suffira. Mais je veux que tu me suces, et je veux jouir sur ton visage. »
Je ne faisais pas ça normalement. Il vit que ça me posait problème. « Je te donnerai le supplément que tu veux. Mais je veux jouir sur ta gueule. »
Les mots étaient durs, j’en avais même entendu de pires. Peut-être qu’il essayait de m’impressionner. Mais ce qu’il me demandait était impensable. « Non, dans la capote, ou rien. »
Il eut l’air déçu mais il fit un petit signe de tête. Il était à présent déjà nu, moi aussi. Je le vis regarder mes seins, ma chatte épilée du matin-même. Son regard était méticuleux, comme s’il inspectait des chiottes avant de s’assoir dessus. La comparaison semblait ridicule mais c’était la seule qui me venait à l’esprit.
Je le poussai à s’allonger, enjambant son corps, le laissant glisser ses mains sur mes seins. Il était maladroit. Probablement pas habitué à baiser autre chose que des prostituées. Je pris sa main et la mis sur ma chatte ; il ne s’y attendait pas et eut un regard troublé pendant quelques secondes. Puis étonné, quand il me pénétra d’un doigt et sentit que je mouillais. Ça ne t’arrive pas souvent, hein, pensai-je.
Je redescendis lentement pour accéder à son sexe. J’avais envie de le prendre tel quel dans ma bouche mais c’était impossible. Je tendis le bras pour accéder à la réserve de capotes à côté du lit, en prit une au hasard (tiens, chocolat) et la mis sur sa queue déjà bien dure. Je l’entendis soupirer, il murmura : « C’est obligé ? » Je ne répondis pas, il savait bien que oui.
Je commençai alors à le sucer, doucement d’abord. La chaleur de ma bouche le soulagea instantanément, il se mit à gémir comme s’il avait attendu ça pendant des heures. Alors que je faisais aller et venir son membre entre mes lèvres, je l’entendais me parler, ou se parler ; dire des trucs dégueulasses, censés m’exciter, ou l’exciter, je ne savais pas bien.
En tout cas, j’avais une envie folle de monter sur sa bite et de me donner également un peu de plaisir. Il sentait plutôt bon, ce qui m’étonnait car son visage un peu luisant m’avait laissé penser qu’il transpirait beaucoup. Il revenait peut-être de la douche.
Quand je relevai la tête pour introduire son sexe entre mes jambes, je l’entendis dire : « Ne t’arrête pas, putain ». Après tout, c’était à lui de décider. Je repris ma fellation, docilement.
C’est alors que sans prévenir, il éjacula. Je pensais qu’il était encore loin de l’orgasme, mais je sentis tout à coup le préservatif se remplir d’une substance chaude et liquide. Je relevai la tête : il avait l’air complètement confus. Il bougonna un « désolé », puis reprit ses affaires qu’il avait posées sur une chaise.
Presque déçue, je m’entendis dire : « C’est tout ? » Il dût penser que je me moquais de lui et sortit des billets de sa poche, qu’il posa sur la même chaise, la face rougie (par la honte ? – il ignorait sans doute qu’on pouvait tout rater, avec une pute). Il ne me regarda même pas. Et il sortit, une fois ses chaussures lacées et son col de veste relevé.
Mince. J’allais devoir me branler.

Et dieu créa la femme

17/12/2009 à 12:31 | Publié dans Uncategorized | 6 Commentaires

« C’est comme s’il y avait une chose très forte en moi qui me contrôlait. Je sais que je ne peux pas m’empêcher de faire des bêtises. »
Il était bientôt quatre heures de l’après-midi, et j’avais rendez-vous avec P., mon amoureux fidèle, mon amant des dernières nuits, celui qui m’avait laissée le souffle coupé et la bouche tremblante. Le lieu était banal, pas même habituel pour nous. Il n’y avait aucune histoire pour lui et moi dans ce café sans importance, choisi simplement par convenance. Proche de son travail, proche du mien. Enfin, un peu moins proche du mien. Mais ça m’était égal. « Je reviens toujours vers toi. » Il le savait.
Il n’était même pas en retard ; c’est moi qui étais en avance. Je consultais ma montre un peu trop souvent, c’était idiot, il avait encore dix bonnes minutes pour arriver et venir me serrer contre lui. C’est en fixant la porte en attendant sans patience qu’il m’apparaisse que j’ai vu C. entrer. C. était beau ce jour-là. C’est la seule chose que j’ai pu penser dans l’instant.
Il était ce qu’on appelle par facilité un ami commun. C’était en fait surtout l’ami de P. Mais peu importait. Nos regards se sont croisés, il s’est alors approché, il souriait de toutes ses dents, j’ai trouvé ça très charmant.
Il a posé sa main sur mon épaule, s’est baissé pour m’embrasser. « Mais qu’est-ce que tu fais là toute seule ? »
Je n’ai même pas réfléchi. Si on me demande si je l’ai prémédité : non. J’ai juste répondu : « rien, je passe le temps. » Il a hoché la tête. Il souriait encore. Il m’a demandé s’il pouvait s’assoir et j’ai senti que ça n’était pas possible. Je lui ai dit que je voulais aller ailleurs. « Cet endroit me déprime, finalement. » Il a proposé de me déposer. J’ai accepté de monter dans sa voiture. Et c’est sans doute quand j’ai passé ma deuxième jambe dans l’habitacle que les choses ont vraiment dérapé.
Sans un mot, il m’a conduite jusque chez lui. Il a été très gentleman, me laissant passer avant lui, me détaillant du regard comme les circonstances l’exigeaient. C’est alors qu’une phrase de P. m’est revenue : « Il est infatigable, je crois bien qu’il a plus d’une dizaine de maîtresses. Je ne l’envie pas. » J’ai ri, c’était tellement drôle de se souvenir de ce détail à ce moment-là ! C. m’a regardée et n’a rien demandé.
En fait, il ne disait plus rien. Il m’a servi un verre de vodka et j’ai commencé à parler, beaucoup. Il faisait bon chez lui et je me suis sentie assez vite très échauffée, peut-être était-ce l’alcool, la honte, la chaleur, son regard insistant et dur. Mes joues étaient rouges, je brillais un peu. Ce n’était probablement pas très joli à voir. Je m’en fichais.
J’ai fini par lui dire franchement que j’avais envie de lui. Il m’a regardée, il ne souriait plus. Sans broncher, il a continué à me fixer. J’ai cru qu’il voulait que je continue.
« J’ai envie de toi. Je te veux. Tout de suite. »
J’avais le souffle court, peut-être à cause de l’excitation, peut-être parce que je voulais en finir rapidement.
C. ne disait toujours rien. J’ai compris qu’il s’agissait d’un jeu.
« Baise-moi. Je t’en supplie, baise-moi. »
C’était imperceptible. Mais son visage avait bougé. Il était content. C’était ce qu’il attendait, depuis qu’on était arrivés. Que je le supplie, que je me roule à ses pieds.
Lentement, j’ai glissé mon genou le long du canapé. Le deuxième a suivi. Je ne le quittais pas des yeux. « Prends-moi. Fais de moi ce que tu veux. Utilise-moi. »
Mes mots commençaient à lentement m’exciter. J’avais cru à un adultère clandestin, mal fait ; je me retrouvais dans la situation la plus érotique de ma vie.
J’ai retiré mon pull. Et mon t-shirt. J’ai vu ses yeux glisser sur mes seins, sur mon ventre, sur mes hanches encore couvertes par le haut de ma jupe.
Doucement, j’ai avancé, toujours à genoux, sur le tapis foncé qui ornait son salon. J’ai baissé les yeux et j’ai découvert qu’il bandait. Pas beaucoup, mais il bandait. Je l’excitais.
« Touche-toi. »
J’ai cru un instant avoir rêvé. Sa voix était différente. Dure, grave. J’ai posé mes mains sur mes seins mais c’était un peu maladroit. « Ta chatte, je veux que tu touches ta chatte. »
J’ai descendu la fermeture éclair de la jupe, je me suis relevée pour la retirer. Je me suis remise à genoux et j’ai écarté les cuisses. Sans problème, j’ai introduit deux doigts dans mon sexe déjà très humide. Un léger gémissement s’est échappé de mes lèvres, et il m’a dit : « plus fort. »
J’ai retenu mon envie de fermer les yeux pour me laisser aller à ma masturbation. J’ai retrouvé ses yeux, qui eux, ne quittaient plus le triangle de ma culotte, qu’il voyait déformé par ma main occupée avec ma chatte.
Je sentais que j’allais venir très vite, l’excitation était forte. Sa bite était maintenant très dure, l’énorme déformation au niveau de son pantalon ne faisait aucun doute.
J’ai encore murmuré : « baise-moi. » Il n’a pas répondu. Il a juste maugréé, j’ai cru comprendre « salope », mais je n’en suis pas sûre.
Mes doigts étaient trois et s’agitaient de plus en plus vite. J’imaginais qu’il allait déboutonner son pantalon, me plaquer contre le sol, m’écraser de son poids. Qu’il allait prendre son sexe dans sa main et l’introduire en moi, violemment, sans me demander mon avis, en tenant mes cheveux dans son autre main. Les yeux dans les miens.
Il ne l’a pas fait. J’ai dit que j’allais venir. Il m’a répondu : « moi aussi ». Je ne m’y attendais plus, mais il a ouvert les boutons de son pantalon marron foncé, s’est saisi de sa queue et s’est approché de moi. Sans ménagement, il l’a agitée sous mon nez, et alors que son odeur me menait vers la jouissance et que je commençais déjà à perdre conscience, il a poussé deux cris rauques alors que je sentais sa semence chaude s’écraser sur mon visage.
J’ai rouvert les yeux, cela faisait peut-être déjà quelques minutes. J’avais du mal à reprendre mon souffle. Il était assis sur le canapé, il me regardait. Il m’a tendu un mouchoir, et mes vêtements.
Il souriait, comme quand il est arrivé au café. Il m’a simplement dit : « je ne te raccompagne pas. » J’ai ri. « Pas la peine, je connais le chemin. A très vite. »
P. ne m’en a pas voulu, j’avais à peine une heure de retard.

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