Education sexuelle

29/04/2009 à 2:40 | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Il est seize heures trente. La sonnerie vient de retentir dans ce collège de banlieue tranquille, et les élèves affluent au portail enfin grand ouvert. Parmi eux, une petite blonde, répondant au nom de Lola, et qui ne va pas rentrer chez elle ce soir.
Sa décision avait été prise depuis un moment : elle voulait aller dormir chez Mélanie et elle le ferait, même si ses parents refusaient. Bingo : ses parents avaient dit non. Lola avait haussé les épaules. Elle irait quand même.
Quatorze ans. Lola ne sait pas très bien si c’est grand ou pas, quatorze ans. Est-ce qu’elle peut encore agir comme une enfant ? Est-ce qu’elle peut encore tenir la main de sa mère dans les magasins ? Est-ce qu’elle peut mettre une jupe plissée ?
Elle sent bien pourtant qu’elle ne peut plus. Elle le voudrait mais les gens la regardent différemment. La dernière fois qu’elle est sortie avec sa vieille jupe écossaise que tout le monde trouvait mignonne il y a deux ans, elle a vu deux vieilles dames la dévisager et se chuchoter quelque chose à l’oreille, avec un drôle de regard. Elle avait baissé les yeux. Non, Lola ne pouvait pas nier que sa jupe était un peu trop petite maintenant, qu’elle lui arrivait bien au-dessus du genou. Mais il y a peu elle pouvait même se balader en culotte, sans que ça dérange personne…
Et puis il y a les seins. Elle qui avait toujours été plate, sans s’en plaindre ni s’en offusquer, a vu en quelques mois sa poitrine gonfler. Elle se sent mal à l’aise, quand elle est dans sa classe : elle sait que c’est elle qui a « les plus gros », comme on dit, et tous les garçons oublient de la regarder dans les yeux.
Le chemin n’est pas très loin jusque chez Mélanie. Mélanie c’est sa meilleure amie. Celle qu’elle a rencontrée au cinéma, un jour où elle était toute seule, et qu’elles allaient voir le même film. Elles ne vont pas dans la même école : Mélanie a seize ans et demi, elle va au lycée. Evidemment, Lola l’admire un peu. Elle sait qu’elle sera toute seule ce soir, que ses parents ne sont pas là. Lola sait que cette soirée pourrait être différente.
Quand elle arrive, elle trouve les volets clos. Elle frappe à la porte, s’attendant presque à ne recevoir aucune réponse ; comme si cette idée de fuite avait été un rêve et qu’il allait s’arrêter là. Lola en arriverait même à avoir envie que Mélanie n’ouvre pas.
Mais Mélanie ouvre. La maison est plongée dans une semi-obscurité ; Lola doit plisser les yeux pour distinguer le salon et ses meubles. Elle sent immédiatement qu’elles ne sont pas seules.
Mélanie lui glisse à l’oreille qu’elle a invité « des copains ». L’haleine de Mélanie sent l’alcool et la cigarette. Elle n’est sans doute pas allée au lycée aujourd’hui.
Mélanie installe Lola dans un canapé, à côté d’un garçon aux traits hasardeux (il fait vraiment sombre), et elle s’éloigne, allant s’assoir sur les genoux d’une autre personne qui, à n’en pas douter, est un garçon également. La voix rauque et emplie de fumée arrive comme dans un songe à Lola : « Tu t’appelles comment ? Moi c’est Bastien. »
Alors c’est ça, pense Lola. Ça y est. Je vais parler et puis flirter avec un garçon. Je vais faire semblant de m’intéresser à lui et d’avoir envie qu’il m’embrasse. Elle crève d’envie de découvrir ce qui pourrait se passer, en même temps qu’elle rêve de prendre ses jambes à son cou et de laisser derrière elle cette atmosphère étouffante d’alcool et de sexe pas encore consommé.
« Lola. »
Le garçon ne fait même pas mine de lui poser des questions sur elle. Il passe son bras derrière sa tête et l’attire à lui. En même temps, il lui offre un verre plein de Martini. Lola remercie doucement et commence à boire. C’est écœurant, le Martini est chaud et il n’y a pas de glaçon. Néanmoins elle se force à le terminer d’une traite. Elle n’aime pas l’alcool de toute façon.
Lola a à peine reposé son verre que les lèvres de Bastien se posent sur les siennes. Elle avait déjà embrassé d’autres garçons, mais jamais avec la langue. La sensation est étrange, pas déplaisante. Elle aimerait que ça ne s’arrête jamais. Mais bien vite la main de son compagnon s’attarde sur ses cuisses et vient se poser sur son entrejambe.
Les pensées vont à une vitesse folle dans la tête de Lola. Tu veux ou tu veux pas ? Si tu veux, laisse-toi faire ; sinon barre-toi, tout de suite. Elle n’arrive pas à savoir, à se décider. Elle ne sait même pas quelle tête il a, ce Bastien, comment est-ce qu’elle pourrait vouloir … ?
La main de Bastien est passée dans son pantalon. Lola commence à paniquer. Elle se débat un peu, retire la main de sa culotte tout en murmurant « non, non ». Elle sent le regard du garçon sur elle. « Je croyais que c’était pour ça que t’étais venue. »
Lola ne comprend pas bien. Elle savait que Mélanie lui avait promis une soirée « terrible ». Il n’avait pas été question de sexe, pas en ces termes-là, pas comme ça. Elle répète encore une fois : « non ».
Elle cherche le regard de Mélanie, mais celle-ci lui tourne le dos. Elle est à califourchon sur cet autre garçon et Lola n’entend que des gémissements venir de leur côté. Ça ne sert à rien, elle est seule, il faut qu’elle prenne sa décision.
Elle commence à se lever pour partir, et sent la main de Bastien qui la rattrape. « Tu peux pas me laisser comme ça », dit-il en désignant son entrejambe où, à travers la pénombre du salon aux volets tirés, elle distingue une bosse assez conséquente.
« Tu peux pas me sucer ? »
La question lui tombe dessus comme une enclume. Ah, parce qu’il faut le sucer, faire ce genre de trucs ?
Lola se sent coupable. Elle voit bien qu’il a envie d’elle. Elle ne peut s’empêcher d’en être fière, de se sentir valorisée, malgré le dégoût que cette envie suscite. Elle se sent coupable. C’est de sa faute, s’il est aussi excité, elle ne peut pas le laisser comme ça.
Elle n’a pas eu le temps de répondre que, déjà, Bastien déboutonne son jean. Lola a le cœur au bord des lèvres mais elle se force à se concentrer, ce n’est qu’une question de minutes.
Finalement le pénis bandé apparaît, dur comme de la pierre quand Lola le prend dans sa main, chaud comme le cou d’un amoureux qui palpite. Elle commence par faire aller et venir sa main sur le membre, comme elle l’a vu faire dans les films pornos qu’elle regarde en cachette. Bastien soupire déjà d’aise.
Lola a du mal à se résoudre à mettre cette chose dans sa bouche. Bastien finit par l’y inciter, une main sur sa tête. Elle prend une bouffée d’air frais et introduit le gland entre ses lèvres. Le goût n’est pas très fort. Elle suçote tranquillement l’ensemble et passe sa langue tout le long de la queue de Bastien.
Elle sent le plaisir qu’elle lui donne : la bite grossit encore dans sa bouche, comme si c’était possible. Elle se découvre un pouvoir qu’elle ne connaissait pas, qui s’exprime par les gémissements du garçon qu’elle a en elle, et qui l’électrise.
Au bout de quelques minutes de ce traitement, Bastien saisit lui-même sa queue et se branle frénétiquement. Comme par réflexe, Lola avance son visage, bouche ouverte, pour recueillir la semence tant attendue. Même sans avoir pratiqué, elle connaît les gestes, les attitudes – elle a tout appris dans les films X.
Le goût n’est pas très agréable. Cependant, Lola l’avale, par devoir, souci professionnel. Lorsqu’elle s’essuie la bouche, elle croise le regard de Bastien, qui est vidé de toute substance : seul s’inscrit le plaisir dans ses yeux.
Alors que Lola sort de la maison et s’aveugle du soleil extérieur, elle entend son premier amant dire : « Quelle salope ta copine. » Et ça la fait sourire.

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