Catin

30/12/2009 à 11:03 | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

La pièce était moite, comme d’habitude. Foutue clim qui ne marchait jamais en été. J’essayais d’aérer mais la chaleur était tellement étouffante à l’extérieur que ça ne servait à rien, tout juste quelques rayons de soleil réussissaient à s’infiltrer et éclairer cette chambre aux allures tristes.
Je soupirai. Il n’était que trois heures de l’après-midi, j’allais encore devoir rester deux bonnes heures. Et probablement, pas un client qui viendrait. Quel job de merde.
Peu après, j’entendis du bruit en bas. Les voix familières de l’hôtesse et de la directrice se firent entendre, ponctuées par celle d’un homme. Ah, du travail. Un peu d’occupation ne me ferait pas de mal.
Je commençai à passer le gant de toilette sur mon corps, puis le reposai dans le lavabo qui ornait la pièce. Je sentais encore la sueur mais ce n’était pas grave, de toute manière il ne devait pas s’attendre à grand-chose d’autre pour le prix que coûtait une passe ici.
Les pas dans l’escalier me firent frémir. Souvenirs des premières fois, des voix qui me revenaient en tête, des odeurs surtout. Je n’oubliais pas une odeur.
Les pas se firent plus proches. Montée d’adrénaline. Cela faisait des mois et pourtant, j’avais toujours une montée d’excitation à l’idée d’en rencontrer un nouveau. Un nouveau corps, une nouvelle domination, une nouvelle queue.
Il entra comme timidement. Ça me fit sourire. Je savais comment faire avec ceux-là. Comment faire monter le désir. Mais ça ne servait à rien : il bandait déjà. Le plus beau spectacle du monde : une érection serrée dans un jean. Je compris que je n’aurais pas besoin de lubrifiant.
Il s’éclaircit la voix : « Bonjour. » J’avais déjà un grand sourire, le sourire d’hôtesse, de celle qui allait le mettre à l’aise. Je lui désignai le lit : « Tu peux commencer à te déshabiller, si tu veux. On fait quoi ? »
Il me regarda un peu bizarrement. « Vous parlez comme une coiffeuse. » « Dis-moi tu. Qu’est-ce que tu veux ? » Là, je l’avais mis mal à l’aise. Zut. Je croyais qu’avec son visage d’écolier (je remarquai alors qu’il était franchement laid, vu de face, mais un peu plus charmant de profil) il allait vouloir être dirigé, peut-être dominé.
Il s’assit sur le lit et me fixa dans les yeux. « Je veux tout ce que tu es d’accord de faire. »
Je n’avais jamais entendu ça avant. Je hochai la tête, inutile d’en dire plus. Il commençait déjà à défaire son pantalon, quand il se retourna et me dit : « Mets-toi toute nue tout de suite. »
Je défis ma robe légère, sans rien dire. Il savait ce qu’il voulait. Peut-être n’était-ce pas la première fois qu’il venait, alors – je me serais trompée ?
Je décidai d’agir comme lui, d’aller droit au but. « Tu voudras terminer par une sodomie ? » Il fit non de la tête. « Ta chatte me suffira. Mais je veux que tu me suces, et je veux jouir sur ton visage. »
Je ne faisais pas ça normalement. Il vit que ça me posait problème. « Je te donnerai le supplément que tu veux. Mais je veux jouir sur ta gueule. »
Les mots étaient durs, j’en avais même entendu de pires. Peut-être qu’il essayait de m’impressionner. Mais ce qu’il me demandait était impensable. « Non, dans la capote, ou rien. »
Il eut l’air déçu mais il fit un petit signe de tête. Il était à présent déjà nu, moi aussi. Je le vis regarder mes seins, ma chatte épilée du matin-même. Son regard était méticuleux, comme s’il inspectait des chiottes avant de s’assoir dessus. La comparaison semblait ridicule mais c’était la seule qui me venait à l’esprit.
Je le poussai à s’allonger, enjambant son corps, le laissant glisser ses mains sur mes seins. Il était maladroit. Probablement pas habitué à baiser autre chose que des prostituées. Je pris sa main et la mis sur ma chatte ; il ne s’y attendait pas et eut un regard troublé pendant quelques secondes. Puis étonné, quand il me pénétra d’un doigt et sentit que je mouillais. Ça ne t’arrive pas souvent, hein, pensai-je.
Je redescendis lentement pour accéder à son sexe. J’avais envie de le prendre tel quel dans ma bouche mais c’était impossible. Je tendis le bras pour accéder à la réserve de capotes à côté du lit, en prit une au hasard (tiens, chocolat) et la mis sur sa queue déjà bien dure. Je l’entendis soupirer, il murmura : « C’est obligé ? » Je ne répondis pas, il savait bien que oui.
Je commençai alors à le sucer, doucement d’abord. La chaleur de ma bouche le soulagea instantanément, il se mit à gémir comme s’il avait attendu ça pendant des heures. Alors que je faisais aller et venir son membre entre mes lèvres, je l’entendais me parler, ou se parler ; dire des trucs dégueulasses, censés m’exciter, ou l’exciter, je ne savais pas bien.
En tout cas, j’avais une envie folle de monter sur sa bite et de me donner également un peu de plaisir. Il sentait plutôt bon, ce qui m’étonnait car son visage un peu luisant m’avait laissé penser qu’il transpirait beaucoup. Il revenait peut-être de la douche.
Quand je relevai la tête pour introduire son sexe entre mes jambes, je l’entendis dire : « Ne t’arrête pas, putain ». Après tout, c’était à lui de décider. Je repris ma fellation, docilement.
C’est alors que sans prévenir, il éjacula. Je pensais qu’il était encore loin de l’orgasme, mais je sentis tout à coup le préservatif se remplir d’une substance chaude et liquide. Je relevai la tête : il avait l’air complètement confus. Il bougonna un « désolé », puis reprit ses affaires qu’il avait posées sur une chaise.
Presque déçue, je m’entendis dire : « C’est tout ? » Il dût penser que je me moquais de lui et sortit des billets de sa poche, qu’il posa sur la même chaise, la face rougie (par la honte ? – il ignorait sans doute qu’on pouvait tout rater, avec une pute). Il ne me regarda même pas. Et il sortit, une fois ses chaussures lacées et son col de veste relevé.
Mince. J’allais devoir me branler.

Et dieu créa la femme

17/12/2009 à 12:31 | Publié dans Uncategorized | 6 commentaires

« C’est comme s’il y avait une chose très forte en moi qui me contrôlait. Je sais que je ne peux pas m’empêcher de faire des bêtises. »
Il était bientôt quatre heures de l’après-midi, et j’avais rendez-vous avec P., mon amoureux fidèle, mon amant des dernières nuits, celui qui m’avait laissée le souffle coupé et la bouche tremblante. Le lieu était banal, pas même habituel pour nous. Il n’y avait aucune histoire pour lui et moi dans ce café sans importance, choisi simplement par convenance. Proche de son travail, proche du mien. Enfin, un peu moins proche du mien. Mais ça m’était égal. « Je reviens toujours vers toi. » Il le savait.
Il n’était même pas en retard ; c’est moi qui étais en avance. Je consultais ma montre un peu trop souvent, c’était idiot, il avait encore dix bonnes minutes pour arriver et venir me serrer contre lui. C’est en fixant la porte en attendant sans patience qu’il m’apparaisse que j’ai vu C. entrer. C. était beau ce jour-là. C’est la seule chose que j’ai pu penser dans l’instant.
Il était ce qu’on appelle par facilité un ami commun. C’était en fait surtout l’ami de P. Mais peu importait. Nos regards se sont croisés, il s’est alors approché, il souriait de toutes ses dents, j’ai trouvé ça très charmant.
Il a posé sa main sur mon épaule, s’est baissé pour m’embrasser. « Mais qu’est-ce que tu fais là toute seule ? »
Je n’ai même pas réfléchi. Si on me demande si je l’ai prémédité : non. J’ai juste répondu : « rien, je passe le temps. » Il a hoché la tête. Il souriait encore. Il m’a demandé s’il pouvait s’assoir et j’ai senti que ça n’était pas possible. Je lui ai dit que je voulais aller ailleurs. « Cet endroit me déprime, finalement. » Il a proposé de me déposer. J’ai accepté de monter dans sa voiture. Et c’est sans doute quand j’ai passé ma deuxième jambe dans l’habitacle que les choses ont vraiment dérapé.
Sans un mot, il m’a conduite jusque chez lui. Il a été très gentleman, me laissant passer avant lui, me détaillant du regard comme les circonstances l’exigeaient. C’est alors qu’une phrase de P. m’est revenue : « Il est infatigable, je crois bien qu’il a plus d’une dizaine de maîtresses. Je ne l’envie pas. » J’ai ri, c’était tellement drôle de se souvenir de ce détail à ce moment-là ! C. m’a regardée et n’a rien demandé.
En fait, il ne disait plus rien. Il m’a servi un verre de vodka et j’ai commencé à parler, beaucoup. Il faisait bon chez lui et je me suis sentie assez vite très échauffée, peut-être était-ce l’alcool, la honte, la chaleur, son regard insistant et dur. Mes joues étaient rouges, je brillais un peu. Ce n’était probablement pas très joli à voir. Je m’en fichais.
J’ai fini par lui dire franchement que j’avais envie de lui. Il m’a regardée, il ne souriait plus. Sans broncher, il a continué à me fixer. J’ai cru qu’il voulait que je continue.
« J’ai envie de toi. Je te veux. Tout de suite. »
J’avais le souffle court, peut-être à cause de l’excitation, peut-être parce que je voulais en finir rapidement.
C. ne disait toujours rien. J’ai compris qu’il s’agissait d’un jeu.
« Baise-moi. Je t’en supplie, baise-moi. »
C’était imperceptible. Mais son visage avait bougé. Il était content. C’était ce qu’il attendait, depuis qu’on était arrivés. Que je le supplie, que je me roule à ses pieds.
Lentement, j’ai glissé mon genou le long du canapé. Le deuxième a suivi. Je ne le quittais pas des yeux. « Prends-moi. Fais de moi ce que tu veux. Utilise-moi. »
Mes mots commençaient à lentement m’exciter. J’avais cru à un adultère clandestin, mal fait ; je me retrouvais dans la situation la plus érotique de ma vie.
J’ai retiré mon pull. Et mon t-shirt. J’ai vu ses yeux glisser sur mes seins, sur mon ventre, sur mes hanches encore couvertes par le haut de ma jupe.
Doucement, j’ai avancé, toujours à genoux, sur le tapis foncé qui ornait son salon. J’ai baissé les yeux et j’ai découvert qu’il bandait. Pas beaucoup, mais il bandait. Je l’excitais.
« Touche-toi. »
J’ai cru un instant avoir rêvé. Sa voix était différente. Dure, grave. J’ai posé mes mains sur mes seins mais c’était un peu maladroit. « Ta chatte, je veux que tu touches ta chatte. »
J’ai descendu la fermeture éclair de la jupe, je me suis relevée pour la retirer. Je me suis remise à genoux et j’ai écarté les cuisses. Sans problème, j’ai introduit deux doigts dans mon sexe déjà très humide. Un léger gémissement s’est échappé de mes lèvres, et il m’a dit : « plus fort. »
J’ai retenu mon envie de fermer les yeux pour me laisser aller à ma masturbation. J’ai retrouvé ses yeux, qui eux, ne quittaient plus le triangle de ma culotte, qu’il voyait déformé par ma main occupée avec ma chatte.
Je sentais que j’allais venir très vite, l’excitation était forte. Sa bite était maintenant très dure, l’énorme déformation au niveau de son pantalon ne faisait aucun doute.
J’ai encore murmuré : « baise-moi. » Il n’a pas répondu. Il a juste maugréé, j’ai cru comprendre « salope », mais je n’en suis pas sûre.
Mes doigts étaient trois et s’agitaient de plus en plus vite. J’imaginais qu’il allait déboutonner son pantalon, me plaquer contre le sol, m’écraser de son poids. Qu’il allait prendre son sexe dans sa main et l’introduire en moi, violemment, sans me demander mon avis, en tenant mes cheveux dans son autre main. Les yeux dans les miens.
Il ne l’a pas fait. J’ai dit que j’allais venir. Il m’a répondu : « moi aussi ». Je ne m’y attendais plus, mais il a ouvert les boutons de son pantalon marron foncé, s’est saisi de sa queue et s’est approché de moi. Sans ménagement, il l’a agitée sous mon nez, et alors que son odeur me menait vers la jouissance et que je commençais déjà à perdre conscience, il a poussé deux cris rauques alors que je sentais sa semence chaude s’écraser sur mon visage.
J’ai rouvert les yeux, cela faisait peut-être déjà quelques minutes. J’avais du mal à reprendre mon souffle. Il était assis sur le canapé, il me regardait. Il m’a tendu un mouchoir, et mes vêtements.
Il souriait, comme quand il est arrivé au café. Il m’a simplement dit : « je ne te raccompagne pas. » J’ai ri. « Pas la peine, je connais le chemin. A très vite. »
P. ne m’en a pas voulu, j’avais à peine une heure de retard.

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