He ate my heart and then he ate my brain

21/07/2010 à 3:28 | Publié dans Uncategorized | Un commentaire

Mes seins sur son torse. C’est la seule image que j’ai en tête, leitmotiv incessant, angoissant, asphyxiant. Il discute et je ne vois que ça. Son torse dénudé et mes seins qui viennent se poser sur son cœur. Je ne vois que le haut de nos deux corps, le reste n’a pas d’importance, hormis symboliquement : la symbolique de la relation sexuelle, de l’attachement amoureux. De la proximité des corps voulue par la proximité des cœurs. Des clichés. Ils reviennent, plus bruyants que jamais.
Il me regarde, rit parfois. Un rire d’enfant. Il me broie le cœur quand ce n’est pas moi qui l’amuse. Il y a cette autre fille qu’il regarde. Je sais que ce n’est qu’une curiosité sociale. Mais j’aurais tellement peur qu’il en regarde une autre comme il m’a regardée.
Vodka, un deux trois. Bouffie d’orgueil je leur dis à tous qu’il m’en faudra plus pour tomber dans l’ivresse. Échec et mat : je suis ivre à la fin de la première. Je remercie mon estomac vide, la soirée commence, je ris et je n’ai plus si chaud.
Je regarde ses mains et elles me fascinent. Je me rappelle des amies de lycée qui disaient aimer les belles mains car on pouvait imaginer les doigts qui se glissent dans la chatte. Je ne peux pas penser à autre chose. Ça, et mes seins lourds qui s’appuient sur son torse.
Je n’avais jamais eu ce genre de vision apocalyptique avant. Dieu m’a été révélé. Je connais l’amour, comme on connaît une pute. Je connais ce lien qui nous attache à quelqu’un, sans qu’on l’ait voulu, sans qu’on l’ait rêvé.
C’est monstrueux. S’il fallait trouver un adjectif ce serait celui-là. Parce que c’est énorme, dangereux, incontrôlable. Absolument monstrueux. Et dégueulasse. Je n’aime pas les choses dégueulasses, je n’aime pas la sensation dans mon ventre. Je n’aime pas entendre son rire et frissonner.
J’ai détourné les yeux. Il m’a regardée. Trop longtemps. J’ai détourné le regard. Peur d’assumer ce truc monstrueux. Il l’a sans doute vu, je ne suis pas si bonne menteuse que je le prétends.
Et toujours mes putains de seins sur son torse.

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