The Monster Ball will set you free

03/01/2011 à 10:36 | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

C’est quand il a sorti son couteau que j’ai compris qu’on allait réellement s’amuser.
Il y avait d’abord eu le sexe. Son corps contre le mien, ses baisers profonds, comme s’il cherchait déjà à pénétrer en moi. Son entrejambe que je sentais durcir. Sans avoir besoin de vérifier, je savais que je mouillais moi aussi, parce que je suis incapable de résister à l’appel d’un baiser.
J’avais retiré mes vêtements, m’étais collée contre lui. Instinctivement, il m’a serrée fort, à m’en faire perdre le souffle. Sa bouche a couru sur ma peau, sur mes épaules, je ne voulais plus de baisers ; et puis à part les roulages de pelle violents, comme forcés, je n’avais jamais vraiment aimé qu’on m’embrasse. Je crois qu’il le savait, alors il m’a mordue, sans me prévenir. Je crois que j’en porte encore la marque : ses dents n’ont pas lâché ma chair avant d’y laisser un bleu tenace. Il m’avait dit qu’il trouvait ça sexy, les bleus, qu’il voulait en voir partout sur mon corps. Difficile de résister.
Sa queue était maintenant complètement bandée et il m’a attrapée par les cheveux pour que je le suce. Bien sûr, je l’aurais fait même sans ce geste gratuit. Mais qu’est-ce que ça m’a excitée.
J’ai tenu mon rôle avec application, pendant qu’il poussait des râles de plaisir et imprimait des mouvements violents à ma nuque. Lui vomir dessus était exclu. J’ai tenu.
Bien sûr, il m’a prise sans me demander mon avis, il marmonnait des choses que je ne comprenais pas, je l’avais prévenu : pas d’insultes, ce n’est pas assez classe, c’est trop cliché. Pourtant j’aime bien me faire traiter de salope mais je voulais des actes ce soir-là. J’avais peut-être trop écouté Sexy Sushi, du sexe pur, oublions la tendresse.
Il me claquait les fesses un peu mollement pendant une levrette pourtant assez rythmée. Je voulais que tout cela dégénère. Je voulais sentir ma peau, sentir mon corps. Plus fort. Toujours plus fort. Le vertige : c’est comme ça que je décrivais ce sentiment quand je lui en parlais. Il avait dit être à la hauteur, être capable de me donner des coups. Et moi je voulais que ce soit lui. Parce que je me savais incapable de lui faire confiance, incapable d’être sûre de lui, incapable de ne pas avoir peur au moment où les choses commenceraient à déraper.
Sans ménagement, je me suis dégagée, j’ai bien vu qu’il était près de jouir. « Frappe-moi, connard. Tu sais bien que je ne suis pas venue pour une minable partie de baise. »
Il y avait de la rage au fond de ses yeux. La honte d’être humilié, aussi. Il n’y a rien de plus orgueilleux qu’un mec qui bande encore.
Il m’a violemment renversée sur le lit et a commencé à me gifler. Je ne voulais pas de marques sur le visage mais la machine était en route. Fou de rage et au bord de l’éjaculation, il m’a retournée et a empoigné sa ceinture, pour me fouetter les fesses et le dos. La douleur, enfin. Je criais à peine, ce qui le rendait encore plus fou. Je voulais que ça ne s’arrête jamais. J’ai senti un liquide chaud couler sur mes fesses : il avait joui sur mon cul rougi par la ceinture, alors que je peinais à reprendre ma respiration.
J’ai étalé son sperme sur mes fesses, l’ai goûté. Quand je me suis retournée vers lui, je souriais. Pour le mettre au défi. C’est son poing qui a atterri sur ma figure, m’écrasant la joue gauche. Des larmes me sont montées aux yeux. Entre mes jambes, c’était l’inondation.
C’est à ce moment-là qu’il est allé chercher son arme ultime. Son couteau de cuisine, si aiguisé qu’un simple effleurement pouvait faire apparaître du sang, m’excitait bien plus que son sexe qui recommençait pourtant déjà à bander. J’étais comme fascinée, et là, c’est lui qui a souri.
Il m’a tirée par le bras, évidemment en serrant trop fort, le tordant à moitié. Je me suis levée, encore tremblante après l’expérience de la ceinture.
Sans prévenir, il m’a entaillée la cuisse. Je me suis mordu les lèvres. Ne pas crier. Le sang est apparu sur ma chair blanche, j’étais comme fascinée. Doucement, il faisait glisser la lame sur mon corps, puis violemment, tranchait dans la peau. Il tétait chaque plaie, la mordait, l’agrandissait presque avec sa bouche. J’avais envie qu’il boive tout mon sang, qu’il ne reste plus une goutte en moi. Il ne s’arrêtait pas. J’ai senti ses doigts entrer dans ma chatte brûlante, la fouiller avec violence et alors que le sang jaillissait de mon sein gauche, j’eus un orgasme fulgurant qui me mit à genoux. Ma respiration était bloquée, ses doigts étaient toujours en moi et sa langue léchait toujours mes plaies. Je hoquetais de plaisir et de douleur mêlés, la même chose au fond, la même partie du cerveau stimulée pour me laisser béante, vidée, mutilée, jouissante.
J’ai refusé de me doucher, me suis rhabillée. En sortant de chez lui, j’avais mal partout et pourtant, je ne m’étais jamais sentie aussi légère. Le vent sur mon visage qui commençait à bleuir, le goût du sang dans ma bouche, les entailles qui tiraient sur ma chair et que le frottement des vêtements accentuait, tout était délicieux.
Je me sentais libre. Libérée de tout, de tous. Sans entrave. Mon corps vivant et vibrant, meurtri, mutilé, présent, existant.
Dans le métro, j’ai remarqué qu’on voyait des traces de sang sur mes vêtements. Notamment une au niveau de la cuisse, sur mon jean. J’écoutais de la musique pop très fort, mais j’ai bien vu mon voisin d’en face essayer de me parler, l’air inquiet, son regard allant de la marque sur ma cuisse à mon visage défait. J’ai secoué la tête, murmuré « ça va, ça va », et je n’ai même pas eu à me forcer pour sourire.
Je titubais un peu en rentrant chez moi, mais je mouillais encore.

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