Dans son regard absent

14/11/2011 à 11:02 | Publié dans Uncategorized | 4 commentaires

Dis-moi comment c’était pour toi, à l’époque. Deux ans à peine, je crois. Quand on l’écoutait dans ta chambre, cette chanson, ma chanson, peut-être ta chanson aussi. Ça te faisait quoi, moi, là ? Et toi qui me disais que tu me trouvais jolie, que je t’attirais. Je ne comprends même pas comment tout ça a pu se terminer, sans que ça commence. Je sais que je m’en veux, je sais que c’est ma faute, ils me l’ont tous dit ; incapables de définir ce que j’avais fait de mal mais c’était sûr, c’était moi, c’était à cause de moi. Je le sais bien moi aussi que je suis responsable. Responsable d’avoir laissé filer la seule et unique occasion de ma vie de tomber amoureuse, de serrer contre moi un corps que j’aimais, un corps que je ne méprisais pas. Il y avait ton regard, il y avait Gainsbourg, et ça a foiré. Il y avait le froid, il y avait l’hiver, la nuit déjà commencée, Paris, Paris qui nous observait, le temps qui n’existait plus, les minutes avec toi, des heures, des secondes, je ne savais plus rien. Je refusais que le temps passe, je ne voulais pas que cela se termine, je pensais que ça ne se terminerait pas tu sais. J’ai cru que ce serait possible de t’aimer et te laisser m’aimer, j’ai cru que c’était aussi ce que tu voulais ; j’ai eu tellement tort et je m’en veux tellement d’y avoir cru, d’avoir déconné. Je ne sais pas ce que je t’ai montré mais c’était dégueulasse, c’était forcément dégueulasse pour que tu ne veuilles plus me parler, plus me voir ; et puis les amis là, qui me disaient, mais si, il est content de te voir, vraiment ? J’y ai cru tu sais, encore, et les SMS, et tu as cessé de répondre, et j’ai cessé d’envoyer des messages, et un jour j’ai picolé mais c’était déjà bien trop tard ; je pense que ça a fini d’enterrer la chose. Alors te lire aujourd’hui, tu sais ce que ça me fait, non tu ne le sais pas ; tu ne peux pas savoir, tu ne peux pas savoir les litres de larmes, jamais je ne t’en aurais parlé. Je ne pouvais pas envisager de t’aimer et de te perdre, c’était pas possible. Mon cœur qui s’était réveillé après presque dix ans d’abstinence, paf, c’était toi. Le plus triste c’est que je n’arrive pas à regretter, putain j’ai vécu tout ça à fond, rien du tout ou presque ; rien qu’un baiser de ta part aurait tout changé. Je ne sais pas si c’est parce que je ne me suis pas allongée la première fois, je ne sais pas si c’est parce que tu as cru comprendre que je ne voulais pas de toi, je ne sais pas si c’est parce que tu as pensé que c’était pas possible, que tu as essayé de te forcer mais que ça ne venait pas. J’aurais dû faire ça, j’aurais pas dû faire ceci. Je suis responsable, ce n’est pas possible autrement, je n’ai rien reporté au lendemain pourtant, mais j’ai foiré. Tout foiré. Tu as probablement pris peur de ce que je ressentais, pourtant tu sais, j’étais prête à tout et j’aurais tout accepté, même des miettes, même de l’amitié. Ça a été ton silence le plus dur, s’en relever, ignorer, la tête haute. Aller baiser les mecs des autres, ça a recommencé, ce n’était pas grave, ce qui était grave c’est que je ne croise plus ton regard.

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