I could be your girl, but would you love me if I ruled the world?

28/06/2012 à 11:26 | Publié dans Uncategorized | Un commentaire

Je pourrais être cette fille-là. Celle que tu regardes dans la rue. Celle qui avance vers toi, que tu reconnais en un regard, à qui tu souris, que tu es impatient de serrer contre toi. Cette fille que tu retrouverais tous les lundis dans ton appartement miteux, qui entrerait en connaissant les lieux, qui poserait son sac sur la chaise destinée à servir vos ébats quelques minutes plus tard. Une fille grande et belle, aux seins rebondis, à la taille fine, que tu aurais autant envie d’aimer que de dominer, de frapper. Elle aurait mis une robe jaune ce jour-là : le retour de l’été, probablement. Je pourrais moi aussi retirer mes escarpins une fois dans le hall de ton immeuble, avec un sourire presque désolé, en attendant l’ascenseur. Moi aussi, j’attendrais que tu me coinces contre la glace jamais nettoyée pour m’embrasser, me toucher, glisser tes doigts dans mon sexe déjà ouvert pour toi.
Elle ou moi, je ne sais plus. Je ne sais qu’une chose : je peux lui ressembler, je peux attacher mes cheveux en un chignon sévère pour les délier devant toi, pour que tu sentes l’odeur du shampooing du matin envahir la pièce, pour que tu puisses les caresser et les empoigner, d’une main ferme, d’une main d’homme, agacée par la douceur et la blondeur des nappes qui recouvrent mes épaules. Je pourrais te regarder dans les yeux pour retirer ma robe. Attendre quelques secondes que tu te régales du spectacle, que tu salives, que tu bandes à l’idée que je vais retirer mon soutien-gorge. Cette fille-là, bien sûr qu’elle aimerait que ton regard s’arrête sur son nombril, sur la naissance de sa chatte, que tu fixes sa culotte vert anis avant d’avancer ton bras, comme une supplique : retire-la, maintenant.
Oui, je crois qu’on aimerait toutes les deux faire descendre le morceau de tissu avec délicatesse, afin que tu observes attentivement ce qui se trouve en-dessous. Comme elle, je pourrais être épilée intégralement, n’attendant que ta barbe naissante pour venir irriter cette zone adoucie par le soin apporté quelques heures plus tôt.
Cette fille aimerait que les secondes durent des heures, que tu ne sois pas obligé de la raccompagner à 18h pour des raisons que tu n’étales même pas, tant les évidences sont brutales. Je sais, moi qui pourrais tant lui ressembler, ce qu’elle n’aimerait pas : t’attendre des heures devant le digicode (que tu ne lui aurais pas donné) parce que tu es en train d’en baiser une autre. La fidélité n’est pas ta nature, c’est ce que tu lui aurais dit : elle s’en fiche, elle voudrait juste que tu penses à elle, parfois.
Au fond, tu sais très bien celle que je pourrais être. Et tu sais probablement encore mieux celle que je ne pourrais jamais être. Tu peux tout me demander. La discrétion, les baisers volés, les baises entre deux portes ou entre deux avions, les rendez-vous pris à la dernière minute et ceux que tu décommandes alors que tu es déjà en retard, les 5 à 7, les pipes dans le parc, les appels masqués, les chuchotements imposés, les regards en coin, et le sourire, toujours le sourire, parce que faire la gueule, c’est déjà trop en dire.
Mais je ne pourrais jamais être l’autre. L’officielle, la respectable, celle qui te donne des enfants, celle qui t’attend le soir. Je suis inapte dans tous ces domaines. Et tant pis si on sait très bien tous les deux qu’il s’agit d’un leurre. Parce qu’au fond, toi tu ne voudrais pas de ça. En tout cas, pas avec moi.

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