Diabolo menthe

18/09/2013 à 8:23 | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Si chacun a sa madeleine de Proust, la mienne est plutôt douce amère. Elle l’odeur et la saveur des Dragibus, ces petits bonbons colorés qui collent aux dents et ont un goût particulièrement chimique. J’avais quatorze ans alors, et j’allais avec une amie voir un film au cinéma, qui s’appelait Virgin Suicides et dont je ne soupçonnais pas alors la marque indélébile qu’il allait graver dans mon esprit et dans ma chair.
Le cinéma était évidemment minuscule, c’était la campagne, et les sièges rouges inconfortables. J’avais soigneusement ouvert le petit paquet rose, et je suçais avec délectation les petites billes que je trouvais sous mes doigts déjà déformés par des années d’onychophagie.
Le noir se fit, et les écritures adolescentes apparurent à l’écran ; des tignasses blondes, des sourires et des cris apparurent devant mes yeux mal maquillés. Je me souviens que je portais un jean bleu délavé et un t-shirt noir.
Un bruit venant de la salle détourna mon attention pendant quelques secondes : la porte venait de s’ouvrir et un spectateur en retard entrait dans la salle. Dans l’obscurité, je ne pus le reconnaître, mais il vint s’assoir à quelques sièges de mois, et je découvris alors qu’il s’agissait d’un garçon de ma classe, ni très laid ni très beau, que je connaissais assez peu. Il soutint mon regard et je détournai les yeux.
Le film continuait, et les sœurs Lisbon se faisaient plus rares, quand j’entendis un autre bruit. Rapidement, je compris que le garçon en question (et dont j’ai aujourd’hui oublié le nom) s’était rapproché et qu’il était alors assis à côté de moi. Je sentis sa chaleur lorsqu’il se pencha pour me dire : « tu m’en donnes ? »
Il voulait probablement parler des bonbons que je mangeais sans discontinuer depuis le début de la séance. Je lui tendis le paquet sans le regarder, un peu exaspérée par sa présence. Il se mit à l’aise, écarta les jambes, et sa cuisse vint se coller à la mienne. J’essayai de me dégager, pensant que j’étais trop proche de lui, mais il écarta encore davantage sa jambe pour la coller de nouveau à la mienne. Je tournai la tête et vis qu’il me regardait, un drôle de sourire aux lèvres. Josh Hartnett venait de dire à Kirsten Dunt : « t’es un vrai canon », et mon voisin se pencha lui aussi vers moi pour ajouter : « t’es pas mal non plus ».
Bien sûr, j’étais flattée, et je souris un peu ; je ne savais pas où il voulait en venir, mais je compris ses intentions lorsque sa main glissa sur mon bras et descendit directement sur mon entrejambe. Je voulus l’en empêcher mais il murmura : « laisse-toi faire ». Doucement, il fit glisser sa main sous le pull que j’avais sur les genoux, et défit le bouton de mon jean. La braguette suivit peu après, et sa main se glissa directement dans ma culotte et dans mes poils pubiens qu’à l’époque je ne rasais pas encore. Mon cœur accéléra d’un coup : aucun garçon ne m’avait encore touchée là, et au moment même où son majeur atteignit mon clitoris, je soupirai doucement, comme si enfin, ce que j’avais toujours attendu finissait par m’arriver.
Il continua à masser mon clitoris, puis faufila un doigt dans ma chatte : j’étais vierge mais je ne ressentis aucune douleur. Je le vis mettre sa main droite dans son propre pantalon et faire des mouvements de va-et-vient : j’étais trop occupée par mon propre plaisir pour me soucier du sien.
Ma respiration s’accélérait, et plus j’essayais de me contrôler, moins j’y parvenais. L’amie qui m’accompagnait me jetait quelques regards intrigués, mais elle sembla comprendre vite et se concentra sur le film.
Alors que Lux Lisbon prenait un taxi dans le petit matin gris après une première fois désolante, j’eus un orgasme fulgurant, mes doigts se crispèrent sur les accoudoirs et je jetai la tête en arrière malgré moi. Il me fallut quelques minutes pour reprendre mon souffle, et quand je tournai la tête, je constatai que le garçon qui m’avait donné tant de plaisir avait disparu. Seule subsistait sur le sol la tache encore fraîche de son sperme adolescent, que mes yeux ne quittèrent plus jusqu’à la fin de ce film que j’ai revu de nombreuses fois depuis. Et toujours avec un paquet de bonbons colorés.

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