I could be your girl, but would you love me if I ruled the world?

28/06/2012 à 11:26 | Publié dans Uncategorized | Un commentaire

Je pourrais être cette fille-là. Celle que tu regardes dans la rue. Celle qui avance vers toi, que tu reconnais en un regard, à qui tu souris, que tu es impatient de serrer contre toi. Cette fille que tu retrouverais tous les lundis dans ton appartement miteux, qui entrerait en connaissant les lieux, qui poserait son sac sur la chaise destinée à servir vos ébats quelques minutes plus tard. Une fille grande et belle, aux seins rebondis, à la taille fine, que tu aurais autant envie d’aimer que de dominer, de frapper. Elle aurait mis une robe jaune ce jour-là : le retour de l’été, probablement. Je pourrais moi aussi retirer mes escarpins une fois dans le hall de ton immeuble, avec un sourire presque désolé, en attendant l’ascenseur. Moi aussi, j’attendrais que tu me coinces contre la glace jamais nettoyée pour m’embrasser, me toucher, glisser tes doigts dans mon sexe déjà ouvert pour toi.
Elle ou moi, je ne sais plus. Je ne sais qu’une chose : je peux lui ressembler, je peux attacher mes cheveux en un chignon sévère pour les délier devant toi, pour que tu sentes l’odeur du shampooing du matin envahir la pièce, pour que tu puisses les caresser et les empoigner, d’une main ferme, d’une main d’homme, agacée par la douceur et la blondeur des nappes qui recouvrent mes épaules. Je pourrais te regarder dans les yeux pour retirer ma robe. Attendre quelques secondes que tu te régales du spectacle, que tu salives, que tu bandes à l’idée que je vais retirer mon soutien-gorge. Cette fille-là, bien sûr qu’elle aimerait que ton regard s’arrête sur son nombril, sur la naissance de sa chatte, que tu fixes sa culotte vert anis avant d’avancer ton bras, comme une supplique : retire-la, maintenant.
Oui, je crois qu’on aimerait toutes les deux faire descendre le morceau de tissu avec délicatesse, afin que tu observes attentivement ce qui se trouve en-dessous. Comme elle, je pourrais être épilée intégralement, n’attendant que ta barbe naissante pour venir irriter cette zone adoucie par le soin apporté quelques heures plus tôt.
Cette fille aimerait que les secondes durent des heures, que tu ne sois pas obligé de la raccompagner à 18h pour des raisons que tu n’étales même pas, tant les évidences sont brutales. Je sais, moi qui pourrais tant lui ressembler, ce qu’elle n’aimerait pas : t’attendre des heures devant le digicode (que tu ne lui aurais pas donné) parce que tu es en train d’en baiser une autre. La fidélité n’est pas ta nature, c’est ce que tu lui aurais dit : elle s’en fiche, elle voudrait juste que tu penses à elle, parfois.
Au fond, tu sais très bien celle que je pourrais être. Et tu sais probablement encore mieux celle que je ne pourrais jamais être. Tu peux tout me demander. La discrétion, les baisers volés, les baises entre deux portes ou entre deux avions, les rendez-vous pris à la dernière minute et ceux que tu décommandes alors que tu es déjà en retard, les 5 à 7, les pipes dans le parc, les appels masqués, les chuchotements imposés, les regards en coin, et le sourire, toujours le sourire, parce que faire la gueule, c’est déjà trop en dire.
Mais je ne pourrais jamais être l’autre. L’officielle, la respectable, celle qui te donne des enfants, celle qui t’attend le soir. Je suis inapte dans tous ces domaines. Et tant pis si on sait très bien tous les deux qu’il s’agit d’un leurre. Parce qu’au fond, toi tu ne voudrais pas de ça. En tout cas, pas avec moi.

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Some girls are not like me

29/04/2012 à 10:59 | Publié dans Uncategorized | Un commentaire

Au détour d’une discussion graveleuse, des propos échangés à la va-vite. « Mais je ne couche pas quand je ne sors pas avec le mec, je ne suis pas une fille comme ça. »
On peut se dire tout ce que l’on veut. Que ce genre de considérations sont dépassées. Qu’à vrai dire, nous sommes toutes des filles comme ça et qu’il n’y a absolument rien à se reprocher, rien à comprendre.
Et pourtant cela fait écho. Je réfléchis aux étreintes, aux baisers. Et je me rends à l’évidence : je n’ai jamais couché avec un homme dont j’étais la compagne officielle, et je n’ai jamais serré un corps que j’aimais.
Je n’ai eu que ce qu’on appelle des aventures, des coups d’un soir, des plans cul, des amitiés câlines, des histoires qui ne comptent pas, des moments sympas à réitérer (ou non), des coups de bite qui laissent des regrets, des coups de reins dont on se souvient à jamais.
J’essaie de me dire que ce n’est pas grave. J’essaie de me dire qu’il y a bien eu des corps pour lesquels j’ai eu de l’affection. Que parfois, il y avait des baisers après l’orgasme, des caresses après l’éjaculation, qu’il ne s’est pas toujours agi de s’endormir lourdement sur l’oreiller après s’être déchargé.
J’essaie de me rappeler la complicité, les fou-rires avant les parties de baise, les sexes qu’on connaît par cœur et dont on anticipe l’érection, la culotte qui se mouille avant d’aller à un rendez-vous parce que le mec qui nous attend est plus beau que n’importe qui.
Je me dis que j’ai partagé des moments sincères et parfois même forts, qu’il y a eu des moments tristes mais également des moments de vie, qu’il y a eu de la peine et de la joie, qu’il y a eu des orgasmes et des coïts mornes, que j’ai connu le paradis aussi bien que l’ennui.
Je sais le soulagement que cela a été de claquer la porte et de ne plus revoir l’inconnu du vendredi soir, je sais la plénitude qui m’envahissait quand je rentrais au petit matin chez moi me remaquiller avant d’aller travailler, je n’oublie pas que je respirais un petit peu mieux quand j’arrivais à dire que décidément non il n’y aurait rien de plus que ces moments de tendresse et de sexe.
Je ne peux pas oublier les parfums qui me hantent encore, ces peaux qui m’ont fait frissonner, l’oubli que j’ai partagé dans des lits propres ou qui sentaient encore mon odeur de la veille, ces mots échangés sur un clavier qui me rendaient vivante malgré la monotonie du quotidien, les SMS qui me faisaient rire et m’empêchaient de me concentrer lorsque j’étais au bureau.
Je me souviens du frisson qui m’a parcourue lorsque j’allais à un rendez-vous et que j’ignorais tout de l’autre, les voix rauques pendant des heures au téléphone à détailler mes vêtements et ce que j’aimais que l’on me fasse, les photos de moi à poil que j’envoyais à ceux qui comptaient spécialement, et l’intense plaisir que j’avais à entendre leurs compliments (moi qui sais être de ces filles dont le physique n’est pas une évidence).
Au milieu de tous mes souvenirs, j’essaie surtout de ne pas me rappeler ces deux garçons pour qui j’aurais tout donné et qui n’ont pas voulu de moi ; à qui je me suis quasiment offerte et qui m’ont refusée, reniée, piétinée. J’essaie de ne plus imaginer le soir quand je me couche à quoi ressembleraient nos étreintes, à quoi ressembleraient leurs corps, et s’ils auraient aimé découvrir le mien, mes seins, mes hanches, les courbes de mes mollets, mon dos creusé par ma cambrure. J’essaie d’oublier leur odeur, qui me hante encore et me frappe parfois avec violence lorsque je la rencontre au détour d’une rue ou d’une rame de métro. Je me force le plus possible à ne pas m’imaginer ce qu’aurait été ma vie avec eux, comment j’aurais vécu en sachant qu’ils étaient là et qu’ils m’aimaient, ce que j’aurais ressenti en les imaginant à m’attendre dans un bistrot — et cette fois, non pas pour jouer le prélude à la recherche d’un hôtel, mais simplement pour se retrouver, se sourire, se toucher, s’embrasser, ne pas se parler et se sentir bien.
Mon imagination ne rend pas justice à ma mémoire : je sais qu’ils n’étaient pas parfaits et qu’ils ne m’ont pas aimée, quand tous les autres ont voulu de moi, m’ont désirée, parfois avec beaucoup d’affection, souvent avec toute l’animalité que je leur réclamais. Je sais que dans dix minutes de coït même raté, il y avait plus de tendresse et de considération que dans les années que j’ai vécues au côté de mes amoureux impossibles, qui ont feint de ne pas voir, qui n’ont pas estimé que je valais la peine de se retourner ou de répondre à un message.
Je suis probablement une fille comme ça, quand d’autres ont connu la tranquillité de l’amour partagé et la bénédiction sociale d’une union qui prétend ne pas se baser uniquement sur la rencontre violente et sensuelle de deux peaux. Et ces hommes qui m’ont désirée, m’ont voulue, m’ont baisée méritent sans doute davantage mes rêveries nocturnes que ceux que j’ai idéalisés comme l’adolescente que je suis parfois encore un peu.

L’amour physique est sans issue

17/04/2012 à 6:10 | Publié dans Uncategorized | Un commentaire

C’est impossible de dire à quel point j’ai envie de toi. Impossible d’expliquer ce que ça me fait quand je pense à toi, les frissons, l’électrocution délicieuse. Ton image qui s’est imprimée dans mon cerveau, dont je ne me sépare jamais, comme une forme de réconfort à certains moments, comme la seule pensée positive qui puisse m’habiter jamais. Comment te dire les rêves que je fais de toi, comment te dire que je me branle en pensant à toi, plusieurs fois par jour, que tu m’obsèdes — il n’y a pas d’autre mot, au stade où j’en suis. Il n’y a que toi, ton corps d’homme, tes mains d’homme, et j’en crève autant que j’en rêve, et je jouis plus fort, plus vite, mon clitoris est irrité mais je recommence, encore et encore. Quand vient l’orgasme, c’est toujours ton visage dans ma tête, pas tes mains que je vénère, pas ta queue qui me liquéfie, pas ta voix qui est si douce ; non, c’est toujours ton visage, tes yeux sur moi, ton sourire aussi. Ça ne me quitte pas, jamais.
J’ouvre la porte, je sais que tu es derrière, si tu savais ce que je suis fébrile. Si tu ne me baises pas je vais en mourir, tout ça tu ne le sais pas, tu ne le sauras jamais, mais si je ne sens pas ta queue dans ma bouche et dans ma chatte je vais suffoquer et succomber, ne plus me relever et me baigner dans un océan de larmes aussi salées que ton foutre que tu ne m’auras pas donné.
Tu es là, grand, imposant, la barbe que je connaissais déjà, mais ce que je n’anticipais pas, c’est ta mine défaite, tes yeux grand ouverts, tes joues mouillées. Tu chiales derrière ma porte, et je ne sais pas pourquoi, on avait simplement convenu de discuter et de se connaître mieux, peut-être de parler littérature aussi, mais ce n’était pas important. Je sais que tu es marié, et je m’en fous, et je ne comprends pas. J’ai encore plus violemment envie de toi, toi qui ignores pourtant probablement tout de ce désir malade qui m’occupe chaque minute où je suis loin de toi, chaque seconde où je brûle d’être près de toi.
Je ne réfléchis pas et je me jette sur toi, et je t’embrasse. Et je commence à lécher ton visage, doucement, à lécher tes larmes comme on nettoierait la plaie d’un animal blessé, je t’ai plaqué contre le mur du couloir et je me fous que des gens passent par là et me voient en train de lécher la gueule d’un inconnu. Je te veux, je veux te mordre, te manger, j’embrasse, je lèche, je mords, et je sens tes mains qui s’agrippent à ma taille, et je n’ai pas le temps de réfléchir, je veux sécher tes larmes avec ma salive et te voir jouir dans mon cul.
C’est toi qui me repousses, je suis haletante et tu as du rouge à lèvres plein le visage, moi aussi sans doute, tu me pousses dans l’appartement et fermes la porte derrière toi. Et là c’est toi qui viens à moi et tu me bouscules pour m’allonger par terre, dans le petit couloir qui mène à ma chambre. Je veux te faire un signe mais tu mets ta main sur ma bouche, « ferme ta gueule petite pute ». Mes seins montent et descendent au rythme de ma respiration rapide, je n’ai jamais été aussi excitée. Tu t’allonges sur moi en me regardant dans les yeux, je ne bouge plus et je te laisse faire, je veux que tu fasses de moi ce que tu veux. Tu es trop lourd et je manque d’étouffer mais je m’en fous, j’essaie de t’embrasser mais tu me repousses ; sans ménagement tu dégrafes mon chemisier, et tu n’essaies même pas de m’enlever mon soutien-gorge. Tu sors mes seins des balconnets sans ménagement, je ne peux pas dire que tu les lèches non, tu les manges, tu les bouffes, comme on le ferait dans une orgie rabelaisienne, tu me fais mal et je sens que je suis de plus en plus excitée. Je sens le sang taper dans ma chatte et c’est presque douloureux d’avoir tellement envie que tu me prennes.
J’ai eu l’intelligence de mettre une jupe, tu me retires ma culotte rapidement et tu écartes mes jambes avec tes genoux. De ton côté tu n’as même pas enlevé ton pantalon, tu sors juste ta bite, tu ne me demandes pas de te sucer et j’en suis déçue mais je me tais, je vois que tu vas me baiser et c’est tout ce que j’attendais. J’observe ta queue pendant que tu déroules le préservatif, elle est exactement comme je l’imaginais, large et rose, j’aimerais tellement la sentir contre mon palais ; mais déjà tu écartes mes genoux, craches dans ta main avant de constater que tu n’en auras pas besoin. Je suis mouillée comme une pucelle qui va se faire fourrer par son prince charmant, et ça t’amuse, tu rigoles avant de m’enfoncer ta queue jusqu’à la garde. Je crie, mais c’est un soulagement, cela faisait tellement longtemps que j’y pensais. Tu vas et tu viens, j’entends presque Bardot gémir dans mes oreilles, je jouis quasiment immédiatement mais toi tu n’as pas fini et tu imprimes à nos corps un rythme incroyable.
Je veux que tu voies mon cul et que tu le baises lui aussi, je transgresse le silence que tu as exigé pour te supplier : « encule-moi ». Tu t’arrêtes pour me regarder, j’ai peur à cet instant que tu décides de me laisser en plan, mais alors ta main s’insinue sous ma taille pour me retourner. Je ne me fais pas prier et je sens tes mains sur mes deux globes, ton doigt qui glisse le long de ma raie et s’insinue dans mon cul. Instinctivement je l’enfonce un peu plus d’un mouvement de rein ; tu récupères ma mouille et tu en mets deux, et puis trois, et je suis déjà en train de perdre pied quand tu m’encules d’un coup sec. La chevauchée ne durera pas longtemps, tu es sur le point de jouir et tu répands ton sperme dans la capote dans un râle de plaisir (je regretterais longtemps de n’avoir pas senti ton foutre tapisser mon cul).
Tu t’avachis un peu sur moi, le temps de reprendre ton souffle ; je crois que j’ai les yeux exorbités d’avoir joui quatre ou cinq fois en vingt minutes. Quand tu te relèves, tu retires le préservatif que tu jettes à côté de ma culotte. Je suis encore trop faible pour me mettre debout, mais je t’entends distinctement me dire : « J’ai perdu un enfant aujourd’hui, salope. »
Tu claques la porte. Je ne te reverrai jamais.

You and me could write a bad romance

28/03/2012 à 6:04 | Publié dans Uncategorized | 3 commentaires

Mon cœur bat trop fort. Cela doit bien faire trois quarts d’heure que je me dis que ça doit s’entendre, ce n’est pas possible, il doit savoir, il doit voir ce cœur qui s’emballe et qui cogne sans relâche, toutes les secondes, peut-être même plus. Comment appelle-t-on ça, la tachycardie ? Il me semble bien.
D’habitude j’aime bien ça, je suis avec un garçon et mon cœur bat plus fort parce que j’ai envie qu’il m’embrasse, j’ai envie qu’il me touche. J’ai simplement envie de lui, envie de sa peau, de son odeur, de ses baisers, de sa queue, de ses mains, de sa bouche sur mes seins.
Mais là je ne sais que trop bien ce qui se passe. Je n’en ai pas envie. Pas le moindre début d’excitation. Pire : une forme de dégoût se cale dans ma gorge, j’ai du mal à déglutir. Il me propose de l’alcool et j’ai envie de pleurer.
Je gagne du temps, je vais aux toilettes, je me dis que peut-être ma tête crie non mais mon corps me dit le contraire. Ce ne serait pas la première fois. Il est de ces êtres qu’on ne peut accepter de désirer, qu’on aimerait tant mettre à distance — mais notre corps ne ment jamais. Je baisse ma culotte, et je suis triste. Aucune trace d’humidité. Je suis sèche comme la mort, sèche comme ma vie, sèche comme ce corps qui m’attend dans la cuisine et que je n’ai aucune envie de toucher.
Alors je me mens. Je retourne à ses côtés, on parle, des heures peut-être. Je me dis que s’il est trop tard il n’aura plus envie. La littérature, la politique, au fond je n’en ai rien à foutre, une seule chose résonne dans ma tête, « ne me baise pas, ne me baise pas ». Je suis assise en face de lui et j’arrive presque à y croire, je m’invente des choses, il n’a pas envie de moi (je ne suis d’ailleurs pas loin de la vérité), il n’essaiera rien, il est trop timide, il va laisser tomber. Je serre les cuisses comme je peux, et je joue les Schéhérazade, sauf que ce n’est pas la mort qui m’attend, simplement sa queue et un coït triste et rapide et mal fait.
Je ne souris pas beaucoup, j’essaie de faire dire à mon corps ce qui tambourine dans ma tête et ma poitrine. Ne me touche pas, ne t’approche pas. Ce qui me tue c’est que je sais que je ne lui plais pas. Je sais que mes hanches sont trop larges pour lui, ma chair trop molle. Il ne me regarde pas comme s’il me désirait, comme s’il me voulait — le désir étant contagieux, il aurait probablement réussi à m’exciter, me donner envie de lui. Tout ce que je sais de lui, c’est son addiction à l’orgasme et aux corps diaphanes des teenagers russes dont les exploits vidéo inondent Internet.
Je voudrais partir, reprendre mes affaires, appeler un taxi et voir Paris défiler sous mes yeux, jusqu’au petit matin. Ne m’arrêter nulle part et surtout pas dans le lit d’un homme. Me coucher le jour levé, toute seule, me faire jouir toute seule et rêver à ceux qui m’ont désirée, ceux qui m’ont voulue, ceux qui m’ont donné envie, ceux qui m’ont prise sans avoir à demander.
Il est probablement cinq ou six heures du matin, je me force à y croire encore, il va laisser tomber. Tout à coup, il se lève d’un bond, « on va se coucher ? ». Je commence à palabrer, je parle du canapé, sa main se ferme sur mon bras et mon cœur me remonte dans la gorge. Ce sera la chambre, le lit double, le lubrifiant, la levrette, le missionnaire, quelques dix minutes qui me semblent durer des heures, le sperme que j’essuie sur mes seins, et pendant qu’il s’endort et ronfle comme l’homme qui a durement accompli la tâche qui lui était assignée, je reste immobile, les yeux grand ouverts.
Au petit matin, il me propose des tartines, cette fois je lui dis non. Un non franc et massif, ferme et indiscutable. L’ascenseur n’arrive pas et je me demande s’il ne va pas revenir, me demander de rester, rendre les choses encore plus crasses qu’elles ne le sont déjà.
Quand je sors de son immeuble, j’entends au loin une sono qui hurle le désir de Lady Gaga pour une Bad Romance. Décidément, je crois que j’ai écrit une très mauvaise histoire.

Dans son regard absent

14/11/2011 à 11:02 | Publié dans Uncategorized | 4 commentaires

Dis-moi comment c’était pour toi, à l’époque. Deux ans à peine, je crois. Quand on l’écoutait dans ta chambre, cette chanson, ma chanson, peut-être ta chanson aussi. Ça te faisait quoi, moi, là ? Et toi qui me disais que tu me trouvais jolie, que je t’attirais. Je ne comprends même pas comment tout ça a pu se terminer, sans que ça commence. Je sais que je m’en veux, je sais que c’est ma faute, ils me l’ont tous dit ; incapables de définir ce que j’avais fait de mal mais c’était sûr, c’était moi, c’était à cause de moi. Je le sais bien moi aussi que je suis responsable. Responsable d’avoir laissé filer la seule et unique occasion de ma vie de tomber amoureuse, de serrer contre moi un corps que j’aimais, un corps que je ne méprisais pas. Il y avait ton regard, il y avait Gainsbourg, et ça a foiré. Il y avait le froid, il y avait l’hiver, la nuit déjà commencée, Paris, Paris qui nous observait, le temps qui n’existait plus, les minutes avec toi, des heures, des secondes, je ne savais plus rien. Je refusais que le temps passe, je ne voulais pas que cela se termine, je pensais que ça ne se terminerait pas tu sais. J’ai cru que ce serait possible de t’aimer et te laisser m’aimer, j’ai cru que c’était aussi ce que tu voulais ; j’ai eu tellement tort et je m’en veux tellement d’y avoir cru, d’avoir déconné. Je ne sais pas ce que je t’ai montré mais c’était dégueulasse, c’était forcément dégueulasse pour que tu ne veuilles plus me parler, plus me voir ; et puis les amis là, qui me disaient, mais si, il est content de te voir, vraiment ? J’y ai cru tu sais, encore, et les SMS, et tu as cessé de répondre, et j’ai cessé d’envoyer des messages, et un jour j’ai picolé mais c’était déjà bien trop tard ; je pense que ça a fini d’enterrer la chose. Alors te lire aujourd’hui, tu sais ce que ça me fait, non tu ne le sais pas ; tu ne peux pas savoir, tu ne peux pas savoir les litres de larmes, jamais je ne t’en aurais parlé. Je ne pouvais pas envisager de t’aimer et de te perdre, c’était pas possible. Mon cœur qui s’était réveillé après presque dix ans d’abstinence, paf, c’était toi. Le plus triste c’est que je n’arrive pas à regretter, putain j’ai vécu tout ça à fond, rien du tout ou presque ; rien qu’un baiser de ta part aurait tout changé. Je ne sais pas si c’est parce que je ne me suis pas allongée la première fois, je ne sais pas si c’est parce que tu as cru comprendre que je ne voulais pas de toi, je ne sais pas si c’est parce que tu as pensé que c’était pas possible, que tu as essayé de te forcer mais que ça ne venait pas. J’aurais dû faire ça, j’aurais pas dû faire ceci. Je suis responsable, ce n’est pas possible autrement, je n’ai rien reporté au lendemain pourtant, mais j’ai foiré. Tout foiré. Tu as probablement pris peur de ce que je ressentais, pourtant tu sais, j’étais prête à tout et j’aurais tout accepté, même des miettes, même de l’amitié. Ça a été ton silence le plus dur, s’en relever, ignorer, la tête haute. Aller baiser les mecs des autres, ça a recommencé, ce n’était pas grave, ce qui était grave c’est que je ne croise plus ton regard.

Au bout du téléphone, il y a votre voix

12/10/2011 à 10:49 | Publié dans Uncategorized | 2 commentaires

Le premier verre que je me commande est un mojito. À la fraise, comme ça je pense à toi, mais pas trop, toi et tes mojitos par dizaine, moi étalée par terre dans ton salon. Je te disais que le rhum ne me réussissait pas, tu me répondais qu’au bout de deux litres, aucun alcool ne pouvait me réussir.
Le serveur est mignon. Des yeux bruns, intelligents, doux. Je parie que je pourrais le séduire, il suffirait que je fasse semblant d’avoir trop bu, il suffirait que je me penche délicatement pour prendre mon portefeuille, qu’il voie la naissance de mon soutien-gorge. Mais pour toute tentative de séduction, je sors mes lunettes de soleil et un livre. Je me cache prestement derrière les pages qui sentent encore le papier fraîchement sorti de l’imprimerie. Je ne veux pas lire, je m’en fous du malheur des autres qu’ils ont cru bon de sceller dans l’éternité avec leurs stupides romans. Je ne pense qu’à toi et je ne vois que toi, toujours toi, encore toi. Jusqu’à l’écœurement.
Alors je pense à la tenue que tu auras quand tu me rejoindras. Il fait beau, est-ce que tu auras passé une petite robe trop légère pour être honnête ? Est-ce que tu auras des sous-vêtements en-dessous, ou est-ce que tu t’amuseras des regards sur tes tétons qu’on distinguera sous le tissu pâle ? Et moi, est-ce que j’aurais envie de regarder ce qui se cache au creux de tes jambes quand tu feras exprès de les croiser sous mes yeux, en effleurant ma cuisse au passage ?
Je me demande aussi sa ta peau sera plus bronzée. J’aimais bien la blancheur de ta peau et je te l’avais dit la première fois qu’on avait fait l’amour. Il y avait ta chevelure brune encore étalée sur l’oreiller, je n’avais pas pu m’empêcher de penser que ta peau était comme du lait que j’aimerais boire jusqu’à vomir. Je me souviens que ça t’avait presque vexée, comme si je te disais que tu avais l’air malade, alors que je te trouvais juste aussi belle qu’une poupée prête à se briser.
Est-ce que tu porteras encore mon parfum ? Shalimar, je t’avais dit que c’était le mien. Eh merde, mon verre est déjà vide, je commande un nouveau cocktail : Cosmopolitan. Le cocktail des pétasses. Tu ne supportais pas Sex & The City et tu te foutais de ma gueule, moi accro aux séries, secrètement amoureuse de Carrie parce que je trouvais son nez émouvant.
Je ne veux pas savoir si tu as baisé pendant ces trois semaines où l’on ne s’est pas vues. Je sais que tu l’as fait, du reste. Je ne veux juste pas que cela soit formulé, que cela me soit jeté au visage. Je bois d’un trait le Cosmo, je commande un vrai mojito. Là ça y est, je ne peux plus me mentir et la tête me tourne déjà. Je me bourre la gueule en t’attendant, c’est peut-être ça que tu cherches en arrivant une demi-heure en retard.
Mon ongles sont tout rongés de t’avoir voulue sans répit. Je me rappelle de la dernière fois chez toi, on s’est embrassées, tu m’as tripoté les fesses comme d’habitude, mais tu y as mis moins de force. Tes seins étaient à peine tendus contre les miens ; pourtant moi je frissonnais comme au premier jour. Je suis partie, le jour venait de se lever, j’ai pris un métro plein de travailleurs ensommeillés, et j’ai pensé que c’était la dernière fois que je venais chez toi. La dernière fois que je faisais l’amour avec toi. Je ne sais même pas pourquoi, ça m’a frappée comme une évidence. Rien d’autre à dire, rien à expliquer.
Alors que je commande une tequila sunrise, et que les mots dans mon roman de gare commencent à danser sous mes yeux, je sais que tu vas me quitter et je fais de mon mieux pour ne pas chialer. J’ai encore ces mêmes flash, tes yeux bleus troublés par les larmes quand je t’ai dit que j’étais amoureuse de toi, ton rire guttural quand je te racontais des conneries, ton corps putain ton corps. Je le serrai si fort quand on baisait, je ne voulais jamais le lâcher, je ne voulais pas qu’il se sépare du mien. Ton souffle sur ma nuque quand tu m’as dit que tu aimais mon cul et que tu ne t’en lasserais jamais. Tes doigts en moi, pour la quinzième fois, la cinquantième fois, toujours la même excitation ; mes jarretelles qui t’avaient fait hurler de rire.
Je me lève pour aller aux toilettes, ma tête tourne et j’aperçois mon téléphone qui vibre. Tu me dis que tu vas être en retard, comme si je ne l’avais pas remarqué. On arrive toujours en retard pour annoncer une rupture.
Et tu sais quoi, là dans ces chiottes minables d’un troquet miteux près de République, je pense à toi encore et encore et je mouille de toi, je mouille de penser à toi et aux saloperies qu’on aurait encore pu faire. Comme instinctivement je me retrouve les cuisses écartées, deux doigts en moi, et c’est presque comme si c’étaient les tiens. Peut-être est-ce l’alcool, peut-être est-ce le souvenir encore vivace de notre dernière nuit où tu m’as fait tellement mal que ça m’a fait du bien, toujours est-il que je jouis en deux minutes, le souffle court, les doigts glissants et parfumés de cette odeur qui te faisait alors chavirer.
Quand je me rassois, un nouveau cocktail arrive sur ma table, je commence à croire que je suis tellement bourrée que je l’ai commandé sans être capable de m’en souvenir, mais c’est alors que le serveur arrive et me fait un clin d’œil : « c’est pour moi », dit-il, avec un air presque salace. Je bois le liquide trop sucré et trop alcoolisé et j’ai envie de dégueuler, sur lui et sur elle, sur tous ceux qui baisent et aiment ça, sur moi aussi et surtout.
Mais je te vois arriver de loin, déjà ; sur des talons trop hauts pour toi et je pars dans un fou rire impossible à arrêter ; je sais que les gens pensent que je suis folle mais je suis trop bourrée pour m’en soucier. Tu t’approches, je vois déjà sur ton visage que tu baises beaucoup en ce moment, et puis t’es effectivement trop bronzée, et je crois que c’est de te dire adieu qui m’écœure le plus. Branlante je me lève, je largue quelques billets sur la table, je vois que tu as l’air étonnée mais moi je ne vois plus que ta chatte, ta chatte que tu n’épilais pas et qui va me manquer à en crever, ta chatte que j’aimais bouffer pendant des heures, et que tu as dû offrir au premier con venu ; je sais que je suis déjà en train de chialer mais j’ai mes lunettes noires, alors avec le peu de dignité qu’il me reste, je te traite de salope et je tourne les talons.
Je suis à peine arrivée à la bouche de métro que je dégueule sur les marches, pendant de longues minutes ; j’entends les cris dégoûtés des gens qui me dépassent et quand finalement j’arrive à me relever, la bouche encore pleine d’acide, je te vois au loin qui sourit, le téléphone collé sur ton oreille délicate que je ne pourrais plus mordiller. Quand j’arrive sur le quai, un jeune homme d’une beauté indéniable me bouscule pour sortir ; il se retourne et fait un geste de la main pour s’excuser. Il parle lui aussi au téléphone. Je fais tout pour ne pas entendre ton prénom, et ne pas voir ma gueule défaite dans le reflet de la vitre du métro.

If you say anything right now I will believe you

03/08/2011 à 9:47 | Publié dans Uncategorized | 5 commentaires

Ce qui m’a plu, ce n’est pas de sentir ta queue dans ma bouche. Ce n’est pas de caresser ton torse pourtant trop poilu à mon goût mais qui, sur le moment, m’a émerveillée. Ce n’est pas de sentir tes lèvres sur les miennes, non.
Ce qui m’a plu, c’est tout ce qui s’est passé avant. Ton sourire qui n’était même pas feint quand je suis arrivée et que tu m’as dit bonjour. Tu n’avais pas souri comme ça la première fois, et pour cause. On ne se connaissait pas. Tu as voulu me faire quatre bises, je ne t’en ai fait que deux. Peut-être comme pour te dire que cette fois ce serait différent.
Parce que j’ai réussi à me leurrer un peu. À me dire que, de toute manière, tu ne voulais plus de moi. Je me rappelle de la réflexion d’un ami quand j’avais évoqué que nos retrouvailles seraient peut-être consommées : « mais tu penses qu’il en a encore envie ? » Question idiote. Il me semblait évident que non, tu n’en aurais plus envie. J’avais rangé cette idée dans un coin de ma tête. Pourtant, j’avais sorti un t-shirt qui me faisait des seins énormes et je m’étais épilée à certains endroits que je n’aurais pas touchés s’il s’était agi d’une simple soirée entre amis.
Je me souviens t’avoir vu, avoir découvert tes cheveux plus courts, ta chemise d’homme, et m’être dit que je te voulais. Tellement fort. J’ai même exactement pensé : « et merde, je le veux ». Oui, je te voulais. Passionnément. Ç’aurait pu être dramatique, j’aurais pu me morfondre toute la soirée. Il y a eu quelques silences gênants, c’est vrai. Je n’osais pas te regarder dans les yeux au début, peur peut-être qu’on puisse découvrir quelque chose.
Sciemment, je suis venue m’assoir près de toi, prétextant le côté pratique pour une amie qui était en cuisine et n’aurait pas à faire le tour. Peu après, ta femme est revenue, elle t’a demandé de te décaler et cela ne t’a pas plu. Oserais-je le dire ? Oui, j’ai cru que la proximité avec moi te plaisait. Peut-être était-ce simplement le moyen pour toi de faire comprendre quelque chose dont je n’avais aucune foutre idée à celle qui partage ta vie, je n’en sais rien. Mais j’ai voulu croire que c’était pour moi.
Tu t’es donc retrouvé en face de moi, pas à côté. Et je crois que c’est moi qui ai commencé. J’en suis même quasiment sûre. J’ai tout fait pour que nos pieds se touchent, sans en avoir l’air. Et le petit jeu a recommencé. Le même qu’il y a quelques mois. Parfois je croisais ton regard, ce regard dur du type qui désire, qui ne rigole pas, qui ne s’amuse pas. Je te veux, voilà ce que je comprenais en voyant tes yeux fixés sur moi (oh juste quelques secondes, que personne ne s’en aperçoive), en sentant ton pied contre le mien.
Il y a eu le jeu, encore. Ton pied entre mes cuisses. Mes cuisses que j’écartais alors pour que tu puisses aller plus loin. L’excitation que je sentais poindre. Et ma main sur ton genou, mes caresses sous la table. Même celui qui savait tout à la même table n’a rien vu. Nous sommes deux beaux menteurs.
Évidemment, quand tu as demandé qui venait avec toi à la cave, j’ai compris. Peut-être n’était-ce pas pour moi. Mais c’est ce que j’ai compris. Je suis descendue avec toi, je tenais à peine debout parce que le plafond était bas. Tu étais face à moi, tu souriais, je ne savais pas quoi dire. « Ca va ? », t’ai-je demandé. Ridicule. Tu m’as répondu oui, et toi ? Moi aussi ça allait. Tu voulais m’embrasser je crois, mais je me suis retournée, alors tu as mis tes bras autour de ma taille et tu m’as embrassée dans le cou. C’était tellement bon que j’ai cru en mourir. Il ne fallait pas traîner alors je suis remontée, rapidement.
Je me rappelle aussi ton regard et le ton de ta voix quand je cherchais du savon (dérisoires instants), tu m’as proposé du Paic (rien n’est ridicule quand on est séduit) et tu l’as mis entre mes doigts, et tu es allé très gentiment me chercher de quoi m’essuyer. Tu étais prévenant, doux, adorable. Tout ce que tu semblais incapable d’être avec ta femme, pourtant bien plus jolie que moi, pourtant bien plus sympa que moi, pourtant bien plus respectable que moi.
Les choses qui devaient se passer se sont passées. Je ne sais pas si elle n’a pas compris, quand elle est redescendue, que nous étions côte à côte sur le canapé, toujours cette putain de télé allumée pour qu’elle ne comprenne pas. Mais je ne la crois pas si idiote. Tes doigts en moi, l’odeur de ta queue, tout cela était pleinement excitant.
Mais ce que j’ai vraiment préféré, ce sont les instants volés, interdits. M’as-tu fait boire pour que je succombe ? Question idiote, tu m’avais déjà eue, et j’avais déjà commencé à te regarder comme si je voulais que tu me baises jusqu’à l’aube.
J’ai aimé te séduire, même si ce n’était probablement qu’un besoin d’assouvir quelques désirs qui ne m’avaient pas attendue pour exister. Quand même. Le jeu, avant, c’est ce que je préfère. Et puis tu as vu, je vais jusqu’au bout, je ne me défile pas.
J’aimerais séduire et ne jamais passer à l’acte mais je m’y résous toujours. Après tout, qu’est-ce que la chair et sa propriété ? On ferme les yeux et cela passe plus vite, on peut presque croire que l’autre nous aime encore un peu lorsqu’il décharge sur notre visage.

On reste dieu merci à la merci d’une étincelle quelque part à Paris au fin fond du bar d’un hôtel, dès la prochaine vie jurer de se rester fidèles… quelle aventure…

29/06/2011 à 6:36 | Publié dans Uncategorized | 4 commentaires

Je me revois, là, minable. Accrochée à lui, mes yeux plein d’espoir, le bras autour du sien, ma tête qui tangue dangereusement sur son épaule. Complètement ivre, bien sûr. Le regard brillant, vibrant, de celle qui supplie presque. Ne me laisse pas, pas comme ça.
J’approche mon corps du sien, le plus que je peux, et je sais que ma chaleur l’envahit, je sais qu’il en a envie. Déjà, quelques heures plus tôt, sa jambe collée à la mienne sous la table, sa main sur ma cuisse, qui caresse mon genou. Les verres de vin qu’il ne cessait de me verser, la liqueur que je renverse sur sa table d’homme marié qui a cuisiné toute la soirée pour les invitées de sa femme.
Alors que je murmure quelques mots, que je lui dis que j’en ai envie, que je veux qu’il m’embrasse, j’ai déjà oublié ce qui s’est passé auparavant. J’ai oublié les assiettes que j’ai débarrassées pour me retrouver seule avec lui dans la cuisine, j’ai oublié le baiser qu’il m’a volé alors que je minaudais, mes assiettes sales à la main, j’ai oublié le vomi que j’ai laissé dans leurs toilettes et le chewing-gum que j’ai pris juste après parce que je voulais qu’il ait encore envie de m’embrasser, j’ai oublié le SMS de victoire que j’ai envoyé à un prétendant potentiel lui disant que cet homme là avait envie de moi.
Je ne connais que l’instant présent, son canapé, son corps si près du mien, l’indifférence qu’il feint de ressentir à mon contact. Je l’ai vexé, je le sais, je lui ai dit que je ne pouvais pas, que j’aimais trop sa femme, que c’était plus qu’une amie pour moi. Il s’est raidi, s’est détourné de moi, et maintenant ne me touche plus. J’ai pourtant tellement envie de lui, de sa bouche qui sait embrasser, de son corps d’homme et de son odeur qui me rend dingue (d’ailleurs je lui chuchote à l’oreille qu’il sent bon, il a un rire étrange et il me remercie).
Doucement, il se retourne vers moi et recommence à m’embrasser. Je suis soulagée, j’avais peur qu’il ne veuille plus. Ses mains se posent sur mes seins, je crois que c’est ça qui l’a séduit, ce décolleté outrageant que j’ai mis sans même y penser, imaginant une soirée tranquille entre simples amis.
Il dégrafe rapidement mon soutien-gorge, je sens mes seins se libérer et je n’ai plus de volonté, je le veux tout entier alors qu’il m’intime de me taire lorsque mes soupirs se font plus lourds. Une de ses mains caresse mon entrejambe, mais je veux qu’il se souvienne de moi, je veux son goût dans ma bouche et je m’agenouille devant lui. Il retire sa ceinture, et je m’empresse de baisser son pantalon et son boxer. Il bande déjà, lui il n’a pas bu autant que moi. Je le suce pendant de longues minutes, j’ai envie qu’il vienne dans ma bouche, je veux sentir sa virilité dans ma gorge mais c’est alors que d’une main, il m’attire vers lui et c’est naturellement que je retire mon pantalon et ma petite culotte pour me mettre à califourchon sur son corps que je désire maintenant comme une possédée. Il attrape ma taille et me retire mes vêtements, mon tee-shirt, mon soutien-gorge déjà dégrafé, et enfouit sa tête dans mes seins. Ses doigts fouillent à l’intérieur de moi, je suis déjà complètement liquide et je ne veux qu’une chose, sa queue frémissante dans mes entrailles. Je le dirige d’une main et laisse échapper un soupir de soulagement lorsqu’il s’enfonce lentement dans ma chatte. Dans l’obscurité j’entrevois qu’il a les yeux fermés, alors je m’approche de son visage pour l’embrasser à nouveau, sans cesser d’onduler du bassin. Ses doigts ne sont pas en reste et doucement il excite mon clitoris, ce qui ne fait qu’ajouter au plaisir que je sens déjà monter.
L’explosion est muette, il pose un doigt sur ma bouche et je grimace, le souffle coupé par le plaisir qui contracte mon entrejambe.
Les mots ne viennent pas mais j’arrive à bafouiller que je veux qu’il jouisse dans ma bouche. Je m’agenouille de nouveau et en quelques minutes à peine, je sens un jet chaud et visqueux se déverser dans ma gorge. Il gémit fort, je ne l’arrête pas, personne ne nous entendra, tout le monde dort déjà.
Je reviens m’assoir à côté de lui, il a un sourire béat sur le visage. Je constate qu’il avait laissé la télé allumée derrière nous, ça m’étonne, mais rien ne m’importe vraiment à ce moment-là. Je lui dis que je ne comprends pas qu’il trompe une femme pareille. Il me répond que je ne la connais pas vraiment bien et me demande de ne pas lui en parler. Malheureusement, je l’aime trop pour vouloir perdre son amitié. Je ne sais pas s’il me fait confiance, sur le moment je m’en fiche, je veux simplement aller dormir.
En me relevant, je trouve mes seins ridiculeusement gros, sans soutien-gorge. Il me souhaite bonne nuit, et part dormir avec elle.
Le lendemain matin, je prendrai deux aspirines avant de partir vite, avec ma gueule de bois et mes remords.

I have a dick in my brain, I don’t need to have one between my legs

17/02/2011 à 6:57 | Publié dans Uncategorized | 3 commentaires

A chaque fois je me dis, c’est terminé. Cette fois, j’ai fait le tour de la question. Le sexe, le désir, les spasmes, l’orgasme, le plaisir, les mystères troublants. À chaque nouveau mec rencontré, à chaque nouvelle baise, je me dis que je vais pas retomber pour des idioties pareilles. Le lendemain, c’est vrai que ça me rend folle. Je repense aux odeurs, je repense au sperme séché sur le bas-ventre et j’ai des papillons plein le ventre et la culotte trempée.
Mais il suffit que le temps passe, un peu. Pas beaucoup. Et j’oublie. Je ne comprends plus l’intérêt de la chose. Je crois que la période fatidique c’est deux ou trois semaines. Ouais, au bout de trois semaines je ne comprends vraiment plus ce que j’ai pu lui trouver, à ce mec-là. Ou à un autre. De toute manière ils se ressemblent tous, des corps plus grands que le mien et des mains chaudes qui se baladent sur mes seins et mon ventre, des yeux qui te font croire que tu es magnifique alors que tu sais que tu ne l’es pas.
Méprisables. En fait je les trouve méprisables. Et je me méprise d’autant plus de les aimer et d’avoir besoin d’eux.
Quand je relis certaines conversations (quand le temps a passé et que je sais que je ne tomberais plus dans le panneau), je les trouve ridicules. Ils essaient de m’avoir avec de grands mots, de belles idées. Tous des minables, au fond. Vas-y, dis-le que tu veux me baiser.
Et puis après il y a ceux qui, éventuellement, envisagent une petite vie de couple bien tranquille, qui t’engueulent presque quand tu leur parles de toutes les queues que tu as vu passer. Ceux-là, ce sont peut-être les pires. Parce que tout ce qu’ils souhaitent, eux aussi, c’est de la mettre quelque part, leur queue. Si possible, chez moi. En réalité, c’est un simple instinct de propriété qui les vexe tant dans l’affaire. Ouais, les filles, soyez de bons coups, soyez de bonnes salopes au lit, mais il faut que ce soit inné : c’est tellement plus sympa, une fille vierge, on sait qu’on peut faire pipi dessus et ce sera comme une marque au fer rouge : « c’est à moi ».
Je ne serai jamais à personne. Ils me parlent de possession, parfois. De « m’avoir ». Mais qu’est-ce qu’ils croient ? Qu’ils peuvent me baiser doublement ? jamais, jamais aucun d’eux ne « m’aura » au sens où il l’entend. Ils peuvent crever.
Les réflexions merdiques quand tu mets un tee-shirt trop décolleté. L’indifférence quand tu en mets un qui cache tout. Il faut se résigner à soit ne pas exister, soit exister mais être une personne de seconde zone. J’assume, ce n’est pas grave. « Comment tu fais pour être aussi vulgaire ? » Je ne sais pas, j’ai suivi l’exemple de l’élite masculine peut-être.
Sacro-sainte pénétration, ils se croient forts parce qu’ils ont un morceau de viande entre les jambes avec lequel ils peuvent s’amuser. S’ils savaient que la majorité des femmes n’aiment pas se faire pénétrer, mais qu’elles simulent la jouissance parce que de toute manière, il n’y a que comme ça qu’on leur admettra une vie sexuelle épanouie. Même les plus libérées, qui remplissent des pages de blog avec leurs pseudo-histoires sexuelles vécues, et qui te disent qu’elles adoooorent être prises comme des chiennes sans autre forme de préliminaire. Pauvres demeurées qui ignorent tout de leur propre anatomie et ont préféré s’accommoder de la jouissance masculine, au détriment de la leur.
On en est là, femmes libérées, femmes qui mentent et prétendent aimer le coït comme on nous le présente comme normal. Le sexe oral, mais voyons ce n’est pas du sexe, à peine un jeu de main, un minuscule préliminaire qui ne sert qu’à exciter le fier organe du mâle.
Ce qui me fait le plus chier, c’est de mouiller autant pour leurs conneries. Tristes coïts, triste humanité.

Ainsi amour inconstamment me mène

02/02/2011 à 10:56 | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Essai poétique sans prétention, sans forme, sans versification complexe. Rester dans l’instantané, avec les défauts que cela comporte, que l’on sait.

Oh si jamais je te vois Louise
Sache que je ne te méprise
C’est simplement que la mise
A la mine sévèrement grise
Et pourtant l’on me trouve assise
Près d’une rangée de cytise
Mais n’oublie pas petite Louise
Que si ma douleur tu épuises
Je te traînerais jusqu’à l’église
Pour que de mon sang je te baptise
Seulement Louise Louise Louise
Loin de toi et de nous je devise
Tout cela n’est que vaine bêtise
Car à toi il faut que je le dise :
Ma race tu me l’as bien mise.

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